TERCA chez l'enfant: un trouble alimentaire méconnu

La sélectivité alimentaire est un phénomène courant dans l'enfance, mais jusqu'à un certain point. Découvrez en quoi consiste ce trouble de l'alimentation.
TERCA chez l'enfant: un trouble alimentaire méconnu

Dernière mise à jour : 28 octobre, 2021

Votre enfant est-il très pointilleux sur la nourriture ou évite-t-il une grande quantité de nourriture? Il souffre peut-être d’un trouble de l’alimentation appelé trouble d’évitement/de restriction de la consommation alimentaire, ou TERCA. Cette condition consiste en l’évitement et la restriction de divers composants de l’alimentation.

Bien que cela puisse être nouveau pour vous, la vérité est qu’il a été inclus dans le Manuel diagnostique des troubles mentaux (DSM-V) en 2013, pour le différencier des autres troubles de l’alimentation. À ce jour, la prévalence du TERCA varie entre 5% et 14% et affecte généralement les enfants âgés de 8 à 13 ans.

Diagnostic du TERCA chez les enfants

Le diagnostic de cette affection est déterminé par l’incapacité de répondre aux besoins énergétiques et nutritionnels de l’enfant, ajouté à la présence d’un ou plusieurs des critères suivants:

  • Perte de poids significative ou difficulté à atteindre un gain adéquat en fonction de l’âge.
  • Déficit nutritionnel important.
  • Dépendance à l’utilisation de suppléments oraux pour couvrir les besoins nutritionnels de base.
  • Interférence avec les activités quotidiennes en raison de l’incapacité à manger correctement. Par exemple, éviter de manger en public.

Il faut savoir que cette entité n’est pas liée au manque de disponibilité de nourriture ou à des restrictions pour des raisons culturelles ou religieuses

De plus, cela n’implique pas une perception altérée du poids ou de l’image corporelle, comme cela se produit dans l’anorexie ou la boulimie. Cependant, elle peut être associée à d’autres troubles mentaux.

Un enfant assis devant une assiette de brocoli et de chou-fleur.

Quelles sont les causes et les symptômes?

Cette pathologie se manifeste généralement par des symptômes non spécifiques: douleurs abdominales, gêne gastro-intestinale, peur de vomir ou d’étouffement, sensation de satiété et aversion pour certaines textures, odeurs ou saveurs des aliments.

Comme mentionné ci-dessus, le TERCA peut être associé à d’autres maladies mentales telles que le trouble obsessionnel compulsif, l’anxiété généralisée, l’autisme, le trouble déficitaire de l’attention et d’hyperactivité, et certains troubles de l’apprentissage.

Par rapport à l’anorexie, les enfants atteints de TERCA ont tendance à avoir moins d’épisodes de dépression et une meilleure estime de soi, selon le Journal of Eating Disroders.

Enfin, il existe plusieurs causes possibles pour développer cette condition:

  • Antécédents de toute expérience alimentaire traumatisante (comme l’étouffement).
  • Hypersensibilité à certains stimuli sensoriels, comme les textures des aliments.
  • Pression parentale pour améliorer les habitudes alimentaires.
  • Manque d’exposition à de nouveaux aliments au début de la vie.

Conséquences nutritionnelles et complications du TERCA infantile

Selon les Archives de Pédiatrie, le déficit nutritionnel qui accompagne cette affection varie en fonction des aliments restreints.

Cependant, les carences les plus courantes sont le fer, le calcium et les vitamines C, D et A. Pour cette raison, il est courant que ces enfants souffrent d’anémie et d’une diminution de la masse osseuse. À long terme, cela peut se manifester par de la fatigue, un manque de concentration et du rachitisme.

Par ailleurs, les complications sont secondaires à la malnutrition. Telles que la bradycardie et les troubles électrolytiques.

Comment gérer le TERCA chez les enfants?

Un enfant en colère.

Le traitement consiste à aborder le comportement et les apports alimentaires. C’est pourquoi, il nécessite plusieurs professionnels tels que le psychologue et le diététicien-nutritionniste.

Selon les cas, il peut être nécessaire d’inclure un orthophoniste pour rééduquer la déglutition et améliorer la peur de l’étouffement. De cette façon, les enfants peuvent gérer leur anxiété face à l’alimentation et répondre à leurs besoins en nutriments.

En ce qui concerne les traitements pharmacologiques, il n’existe aucune preuve pour étayer leur utilisation.

Il faut également savoir que certains enfants nécessitent une hospitalisation pour être nourris par sonde nasogastrique. Mais cela concerne les cas plus extrêmes.

Enfin, il est important de ne pas forcer les enfants à manger et d’essayer de les exposer progressivement à ces aliments qu’ils rejettent par peur. En effet, plus l’environnement lors des repas est calme, meilleurs sont les résultats.

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