Théories explicatives sur le développement social

20 novembre, 2020
Dès notre naissance, nous sommes des êtres sociaux et nous avons donc besoin d'autres personnes pour nous développer et évoluer. Nous allons parler dans cet article des différentes théories explicatives sur le développement social.

Tout d’abord, il existe plusieurs théories explicatives sur le développement social. Ces théories expliquent comment l’environnement social influence le développement d’un enfant sur le plan cognitif, émotionnel et social.

Dès la naissance, nous sommes des êtres sociaux destinés à vivre dans un monde social. Par conséquent, nous avons besoin d’autres personnes pour nous développer et évoluer.

Déjà bébé, l’enfant se construit par l’interaction avec d’autres personnes dans un processus continu de socialisation. Il est influencé par la présence et les actions des autres. Ensuite, il influence et détermine à son tour le comportement des autres à son égard.

Il existe différentes théories explicatives sur le développement social. Ces dernières expliquent comment l’interaction avec les autres influence le développement cognitif, émotionnel mais aussi personnel d’un enfant. Parmi eux, nous citons celles développés par Lev Vigotsky, Erik Erikson et Urie Bronfenbrenner.

Théories explicatives sur le développement social

Des enfants amis qui jouent à l'extérieur dans un pré.

Théorie socioculturelle de Lev Vygotsky

Lev Vigotsky était un psychologue russe et un précurseur du constructivisme social. Sa théorie est basée sur l’apprentissage socioculturel. Il considère que l’environnement social est essentiel pour l’apprentissage de l’enfant. Par conséquent, l’apprentissage est l’intégration de deux facteurs : le facteur social et le facteur personnel.

Vigotsky a travaillé sur divers concepts afin de comprendre le développement social et l’apprentissage de l’enfant. Par la suite, nous détaillerons chacun d’eux.

Les fonctions mentales

Pour Vygotsky, il existe deux types de fonctions mentales :

  • Inférieures. Ce sont les fonctions avec lesquelles nous sommes nés. Elles nous sont innées. Elles sont donc déterminées biologiquement.
  • Supérieures. Ce sont les fonctions mentales acquises et développées par l’interaction sociale.

Les compétences psychologiques

Dans le développement culturel de l’enfant, les fonctions mentales se développent et apparaissent deux fois. D’abord, elles apparaissent au niveau social, puis au niveau individuel.

L’attention, la mémoire et la formulation des concepts apparaissent d’abord au niveau social (fonction interpsychologique). Ensuite, ils deviennent progressivement une fonction individuelle (fonction intrapsychologique). De cette manière, toutes les fonctions supérieures proviennent de l’interaction avec d’autres personnes.

La zone de développement proximal

Vigotsky a défini la zone de développement proximal (ZDP) comme «la distance entre le niveau réel de développement, déterminé par la capacité de résoudre indépendamment un problème, et le niveau de développement potentiel, déterminé en résolvant un problème sous la direction d’un adulte ou en collaboration avec un autre partenaire plus compétent ».

Par conséquent, le ZDP est le moment où l’apprentissage se produit. Par conséquent, il permet à l’enfant de développer progressivement ses fonctions mentales supérieures.

Les outils psychologiques

Pour Vigotsky, les outils psychologiques sont tous ces objets qui servent à ordonner extérieurement des informations (symboles, écriture, œuvres d’art, dessins, langage…). Cependant, la parole est l’outil le plus important car c’est le moyen par lequel l’enfant communique principalement avec l’environnement social.

On peut dire que les outils psychologiques sont le pont entre les fonctions mentales inférieures et supérieures. Ils médiatisent nos pensées, nos sentiments et nos comportements.

La médiation

Quand nous naissons, nous n’avons que des fonctions mentales inférieures. En effet, les fonctions mentales supérieures ne se sont pas encore développées. Au fur et à mesure que le petit interagit avec les autres, l’apprentissage se produit. Ainsi, les enfants apprennent grâce à des médiateurs instrumentaux et sociaux.

Maintenant, ce que nous apprenons dépend des outils psychologiques dont nous disposons. Puis, à leur tour, ceux-ci dépendent de la culture dans laquelle nous vivons. Par conséquent, notre façon de penser, de ressentir et d’agir est soumise à une médiation culturelle.

Des enfants enlacés en excursion dans la nature.

Plus de théories explicatives sur le développement social

La théorie psychosociale d’Erik Erikson

Comme Vigostky, Erikson accorde une importance particulière aux aspects sociaux et culturels dans le développement de la personnalité. Erikson a développé la théorie psychosociale. Il y décrit huit étapes (conflits) entre l’enfance et la vieillesse. Ces étapes sont influencées par l’interaction sociale. Chacune d’elles présente un nouveau défi (conflit entre besoins et demandes sociales) que la personne doit résoudre.

Une fois le conflit de chaque étape résolu, il mènera donc au développement de nouvelles compétences. Chaque étape aura deux résultats possibles :

  • La réussite de chaque étape conduit à l’acquisition de nouvelles compétences. Par conséquent, elle conduit au développement d’une personnalité saine et à des interactions réussies avec les autres.
  • Cependant, l’échec à une étape peut quant à lui entraîner une capacité réduite pour terminer les autres étapes. Cela se traduit donc par une personnalité et un sentiment d’identité personnelle moins sains.

Les stades psychosociaux

  • Étape 1. L’enfance. Confiance contre méfiance (ou-18 mois).
  • Étape 2. La Petite enfance. Autonomie face à la honte et au doute (18 mois -3 ans).
  • Étape 3. L’âge du jeu. Initiative contre la culpabilité (de 3 à 5).
  • Étape 4. L’adolescence. Persévérance versus infériorité (5 à 13 ans).
  • Étape 5. Jeunesse. Identité contre confusion de rôle (13 à 21 ans, environ).
  • Étape 6. Maturité. Intimité versus isolement (21 à 40 ans, environ).
  • Étape 7. Âge adulte. Générativité versus stagnation (40 à 60 ans, environ).
  • Étape 8. Vieillesse. Intégrité face au désespoir (60 ans environ jusqu’à la mort).

Théorie écologique d’Urie Bronfenbrenner

Bronfenbrenne propose une perspective écologique du développement du comportement humain. En effet, il considère que le développement et l’apprentissage sont le produit de l’interaction du sujet avec son environnement. Pour cette raison, l’environnement de l’enfant et tous les systèmes dont il fait partie influencent son développement cognitif, moral et relationnel.

L’environnement écologique posé par Bronfenbrenne est un ensemble de systèmes à différents niveaux. Ces niveaux sont interconnectés ; chaque niveau contient l’autre. Ils dépendent donc les uns des autres.

Des enfants qui jouent à faire un château de sable.

Les différents systèmes de la théorie écologique

  • Le microsystème. C’est l’environnement le plus interne et le plus immédiat où se développe l’individu (famille, école, amis …).
  • Le mésosystème. Il comprend l’interrelation de deux environnements ou microsystèmes. Dans celui-ci, la personne en développement interagit et participe activement (famille-école, famille-amis …).
  • L’exosystème. Ce sont des environnements qui n’incluent pas directement la personne dans le développement. Cependant, ils peuvent affecter leur environnement et donc leur développement. Un exemple, dans le cas d’un enfant, serait le lieu de travail de ses parents. L’enfant ne participe pas à cet environnement, mais il peut influencer son développement de manière implicite (disponibilité de temps, stress des parents …).
  • Le macrosystème. Ce sont les éléments de la culture où la personne se développe. C’est l’ensemble des valeurs, de la religion, des traditions, etc. Ce niveau influence la manière dont les autres systèmes peuvent s’exprimer.
  • Le cosmosystème. Cela a à voir avec la dimension temporelle. Selon le moment de la vie dans lequel se trouve la personne, les faits de son environnement l’affecteront d’une manière ou d’une autre.