Quand la famille n'accepte pas le diagnostic d'autisme chez un enfant

Ne pas accepter le diagnostic d'autisme de votre enfant vous empêchera de le comprendre, de répondre à ses besoins et de chercher le soutien dont il a besoin.
Quand la famille n'accepte pas le diagnostic d'autisme chez un enfant
Elena Sanz Martín

Rédigé et vérifié par la psychologue Elena Sanz Martín.

Dernière mise à jour : 05 janvier, 2023

En tant que société, nous sommes de plus en plus conscients de la neurodiversité et nous savons mieux en quoi consistent des conditions comme l’autisme. Cependant, de nombreux mythes existent encore et nous n’avons pas tous les informations nécessaires pour comprendre cette réalité. Parfois, il est normal que face à un diagnostic d’autisme chez un enfant, la famille le nie, ne l’accepte pas ou le minimise.

Bien qu’il s’agisse d’une réaction compréhensible, la vérité est qu’elle peut être très nocive si elle se maintient dans le temps, d ‘abord parce que l’enfant a besoin de parents qui sachent comprendre et répondre à ses besoins, mais aussi parce que cette attitude peut les priver du soutien nécessaire pour développer leur potentiel.

Ainsi, nous voulons aujourd’hui explorer l’importance d’accepter le diagnostic et vous offrir quelques lignes directrices à cet égard.

Pourquoi la famille n’accepte-t-elle pas le diagnostic d’autisme chez un enfant ?

Souvent, ce sont les parents eux-mêmes qui ne peuvent accepter le diagnostic d’autisme chez un enfant. Cela est dû à plusieurs facteurs que nous vous expliquons ci-dessous.

Parfois, la famille n’accepte pas le diagnostic d’un enfant autiste par peur de l’inconnu ou par peur de ne pas savoir comment aider et accompagner le petit.

Faire face à une réalité inconnue

En premier lieu, cela est dû au vertige de devoir affronter une réalité inconnue à laquelle ils ne s’attendaient pas et qui met fin aux attentes qu’ils avaient projetées à l’égard de cet enfant. Dans une certaine mesure, on pourrait dire qu’un deuil se déclenche.

Affronter les peurs

D’autre part, c’est aussi dû aux différentes peurs qui surgissent une fois la nouvelle connue. Par exemple, la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas pouvoir soigner et accompagner adéquatement l’enfant dans ses besoins, ou que sa propre vie et celle de l’enfant deviennent une souffrance constante (puisque c’est l’image que nous avons souvent de l’autisme). Et, surtout, la peur du rejet, de l’incompréhension et des moqueries de l’entourage.

Face à cette accumulation d’émotions, sans doute difficiles à traiter, nier le diagnostic peut être un premier mécanisme de défense et d’adaptation.

Désinformation et mythes associés

De plus, il existe d’autres raisons qui contribuent au déni du diagnostic par la famille. Par exemple, la désinformation et les mythes associés à l’autisme peuvent faire croire qu’il s’agit de quelque chose de temporaire, que ce n’est vraiment pas si grave et qu’au fil des années, il disparaîtra.

Ces types d’insinuations et de croyances sont généralement fortement soutenus par la famille proche, qui peut recommander toutes sortes de remèdes aux parents et minimiser la neurodivergence de l’enfant.

La vérité est qu’il existe diverses thérapies qui peuvent aider les enfants autistes à améliorer leur bien-être et leur fonctionnement. Cependant, il n’y a pas de remède car nous ne parlons pas d’une maladie mais d’ une manière différente d’être et de percevoir le monde qui mérite compréhension et respect.

Quelles sont les conséquences?

Nier le diagnostic d’autisme d’un enfant a de graves conséquences. Il est indispensable de se tourner vers un professionnel pour aider l’enfant et même, pour les parents, pour avoir des conseils et un accompagnement.

Souvent, lorsque les familles refusent d’accepter un diagnostic d’autisme chez un enfant, un petit-enfant ou un neveu, elles le font avec les meilleures intentions. Elles pensent que c’est une façon de le normaliser, d’ôter du dramatisme et même de montrer son soutien. Cependant, la vérité est que ce n’est pas la bonne voie.

Si on veut vraiment contribuer au bien-être de l’enfant, l’objectif n’est pas de prétendre que sa condition n’existe pas, bien au contraire. Il faut s’efforcer de comprendre la diversité et d’apprendre à répondre à ses besoins, sans chercher à ce qu’il change pour s’adapter au monde. Au lieu de cela, lorsque nous refusons d’accepter le diagnostic, plusieurs conséquences se produisent :

  • Nous tournons le dos à une réalité qui a besoin d’attention. Ainsi, nous ne cherchons pas à nous informer, à connaître et à ouvrir notre esprit aux expériences de l’enfant. Par conséquent, nous ne sommes pas en mesure de le comprendre et cela peut entraver la communication et le lien.
  • Nous espérons que la condition disparaîtra à un moment donné. Pour cette raison, nous n’acceptons pas l’enfant tel qu’il est mais nous voulons qu’il change et devienne ce que nous attendons de lui. Ce manque d’acceptation peut être perçu par le petit et lui porter préjudice.
  • Nous refusons de demander ou de recevoir l’aide dont l’enfant a besoin. Une intervention précoce, basée sur des techniques comportementales et des programmes d’éducation et d’apprentissage, peut aider à améliorer le raisonnement, la communication, l’interaction avec les parents et d’autres domaines. De même, de l’orthophonie, de l’ergothérapie ou une intervention pharmacologique peuvent être nécessaires.
  • Nous négligeons leurs besoins particuliers. Les enfants autistes peuvent être submergés par des environnements hautement stimulants, de nouvelles situations sociales, des changements inattendus ou un langage indirect. Si nous faisons comme si cela n’avait pas lieu, nous ne faciliterons pas leur quotidien, ce qui pourra les faire souffrir.

Accepter le diagnostic d’autisme chez un enfant pour passer à autre chose

Bref, il est compréhensible que recevoir un diagnostic d’autisme dans la famille génère des peurs et des doutes. Par conséquent, il est nécessaire de consulter des professionnels qui peuvent guider et même accompagner le processus personnel des parents.

Cependant, la meilleure chose que vous puissiez faire pour votre tout-petit est de l’accepter dans sa diversité, de ne pas essayer de le changer, et de ne pas non plus le cataloguer avec une étiquette. En effet, chaque enfant autiste est différent et présente des capacités et des difficultés différentes.

Accepter le diagnostic vous permettra de vous rapprocher de votre enfant de manière authentique, de mieux le comprendre et le connaître, et de rechercher des informations et du soutien pour l’aider à développer son potentiel et à mener une vie pleine et heureuse.

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