Les surnoms chez les enfants peuvent se transformer en harcèlement scolaire

19 octobre, 2020
Les surnoms que beaucoup d'enfants utilisent pour faire une blague à leurs camarades peuvent se transformer en harcèlement. Quand un enfant ne cesse de l'employer pour faire du mal, ce n'est plus une plaisanterie.

On utilise parfois, pour désigner certaines personnes, des surnoms ou des sobriquets qui se centrent sur une caractéristique spécifique ou simplement parce que leur famille leur avait déjà donné ce surnom. Les surnoms chez les enfants n’ont souvent aucune intention négative, même s’ils finissent par déranger ceux qui les reçoivent.

Dans la majorité des cas, ils viennent souligner un défaut physique ou comportemental et peuvent gêner ou offenser ceux qui les ont reçus. Certains enfants s’en servent pour se moquer et faire du mal. Ceci, effectué de façon continue, peut finir par se transformer en harcèlement scolaire ou bullying.

Quelles conséquences peuvent avoir les surnoms chez les enfants ? À quel moment les sobriquets finissent-ils par se transformer en harcèlement scolaire ? Que peut-on faire face à cette situation ? Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, n’hésitez pas à poursuivre votre lecture.

Conséquences des surnoms chez les enfants

Même si ces surnoms n’ont en principe pas pour but de dériver vers un harcèlement scolaire ou de blesser l’autre, ils produisent bien souvent des conséquences négatives qui peuvent devenir de plus en plus grandes si nous n’intervenons pas.

Les surnoms chez les enfants.

Certaines de ces conséquences peuvent être :

  • Un échec scolaire. Les enfants qui reçoivent des surnoms et deviennent l’objet de moqueries perdent leur intérêt pour les études et ne veulent plus aller à l’école.
  • Une faible estime de soi. Un surnom ou un sobriquet étiquette le petit et celui-ci finit par se croire comme tel, c’est-à-dire qu’il le prend comme une identité. C’est pour cela que les enfants commencent à avoir une image biaisée et négative d’eux-mêmes.
  • Une attitude passive face à celui qui harcèle. Plus rien ou personne ne les intéresse ; ils acquièrent une attitude passive face à tous.
  • La possibilité de finir en dépression. Les enfants se sentent mal, cessent de s’aimer, ne s’intéressent plus à tout ce qu’ils aimaient, ne font confiance à personne, peuvent arrêter de manger ou, au contraire, se gaver, et ne veulent plus sortir.
  • Des phobies peuvent apparaître. Phobie de sortir de chez soi, d’aller à l’école et peur excessive de presque tout.
  • Des problèmes pour dormir. Cauchemars, terreurs nocturnes, insomnie, etc.

À partir de quand les surnoms chez les enfants se transforment-ils en harcèlement scolaire ?

Beaucoup de cas de harcèlement scolaire ou de bullying passent aujourd’hui inaperçus car on ne remarque pas les situations au cours desquelles on utilise des surnoms pour faire du mal. Cela est dû au fait qu’il est difficile de faire la différence entre l’utilisation d’un surnom pour blaguer ou pour offenser et faire du mal.

Quand ces surnoms sont utilisés par les petits en tant qu’échange social, ils apprennent à gérer les critiques constructives et à y faire face. Normalement, quand on s’en sert pour plaisanter avec un ami, ils ont un caractère affectueux et sont reçus positivement par l’autre. 

Dans ce cas, il n’y a pas de harcèlement car le surnom n’est qu’une façon de communiquer dans un groupe et est totalement inoffensif.

Les choses changent et deviennent un problème quand le surnom n’est plus utilisé en tant que façon de se lier à l’autre et devient un moyen de blesser et de faire en sorte que la victime se sente mal. La personne qui harcèle finit par acquérir plus de pouvoir.

Comment peut-on faire la différence entre un surnom utilisé pour une plaisanterie et un surnom utilisé pour blesser ?

  • Si l’enfant fait une blague négative et que celle-ci dérange celui à qui elle s’adresse, celui qui a fait la blague a tendance à arrêter. Dans ce cas, le surnom serait utilisé comme une plaisanterie.
  • Si ce surnom perdure dans le temps et si son intention est blesser et de faire peur à l’enfant qui le reçoit, ce n’est plus une blague : c’est du harcèlement scolaire ou bullying.

Que pouvons-nous faire face à cette situation de surnoms chez les enfants ?

À l’ère des réseaux sociaux, on peut fréquemment tomber sur du harcèlement scolaire à travers l’utilisation de surnoms, de sobriquets ou d’humiliations. En tant que parents, nous pouvons difficilement empêcher les autres de donner un surnom ou un sobriquet négatif à notre enfant.

Nous ne pouvons pas contrôler les comportements des autres ou les changer, mais nous pouvons apprendre à nos enfants à changer leur façon de réagir face à ces surnoms. De cette façon, les autres ne trouveront plus cela amusant. Voyons donc ce que nous pouvons faire.

Communiquer davantage avec notre enfant

La communication avec l’enfant est fondamentale et nous pouvons lui poser quelques questions pour voir dans quelle situation il se trouve, comme :

  • Qui t’a donné ce surnom ?
  • Comment te sens-tu lorsque tu entends ce surnom ?
  • Selon toi, quelle était l’intention de ce surnom ?
  • As-tu dit que ce surnom ne te plaisait pas ?
  • Comment leur réponds-tu ?

Grâce à ces questions, nous pourrons savoir si le surnom fait partie d’une blague dans son groupe d’amis ou si c’est plus grave que cela.

Le bullying à l'école.

Lui dire que c’est une personne spéciale et unique

Nous sommes tous différents et uniques. Personne n’est meilleur ou supérieur en raison de ce qu’il a ou de ce qu’il est.

Lui apprendre à avoir un comportement assertif

Chaque fois qu’il reçoit ce surnom, il doit agir de façon assertive, ne pas montrer que cela l’affecte et avoir la force mentale pour indiquer à ses camarades qu’il n’aime pas ce surnom et qu’il ne veut plus qu’on l’appelle comme cela. Il doit pour cela utiliser un ton de voix tranquille mais ferme.

Faire en sorte qu’il ait confiance en nous pour venir nous voir en cas de besoin

Si, malgré les stratégies que nous lui avons données pour pouvoir faire face à ces comportements, il continue de recevoir ce surnom, nous devons lui faire savoir que nous sommes là pour l’aider et qu’il pourra toujours compter sur nous.

L’aider à travailler son estime de soi

La grande majorité des surnoms sont donnés pour souligner une caractéristique physique de la personne ou de l’enfant qui le reçoit. Il est donc important que nous fassions comprendre aux petits que leur caractère et leur façon d’être vont bien au-delà de leur physique pour ainsi renforcer leur estime de soi.

À propos des surnoms chez les enfants en tant que forme de harcèlement scolaire

Vous savez maintenant comment les surnoms chez les enfants peuvent finir par se transformer en forme de harcèlement scolaire et ce que nous pouvons faire, en tant que parents, pour pouvoir améliorer cette situation ou découvrir si les surnoms font partie d’une blague ou sont là pour faire mal.

Nous devons être très attentifs au moindre changement de comportement de notre enfant qui pourrait nous indiquer que quelque chose ne va pas. Et, surtout, nous devons communiquer avec lui car c’est la base absolue pour pouvoir l’aider.

  • Bisquerra, R. (coord). (2014). Prevención del acoso escolar con educación emocional. Bilbao: Desclée de Brouwer.
  • Olweus, D. (1998). Conductas de acoso y amenazas entre escolares. Madrid: Morata.
  • Matamala, A., Huerta, E. (2005). El maltrato entre escolares. Técnicas de autoprotección y defensa emocional. Para alumnos, padres y educadores. Madrid: A. Machado Libros