Est-ce une bonne chose que les frères et soeurs multiples soient dans la même école ?

3 novembre 2019
Quand arrive le moment pour des frères et soeurs d'entamer leur scolarité, surgit le doute de savoir s'il est bon ou pas que les faux jumeaux, les jumeaux ou les triplés soient dans la même école. Même s'il est nécessaire d'analyser chaque situation de manière individualisée, il y a certaines règles que les parents doivent connaître.

Il s’agit d’un doute fréquent qui surgit au sein des familles ayant des enfants multiples ; des faux jumeaux, des jumeaux ou des triplés. La question de savoir s’il est bon que les frères et soeurs multiples soient dans la même école apparaît naturellement ; ici, nous essaierons d’arriver à une conclusion à ce sujet.

Ces doutes apparaissent dès le moment où les parents commencent à penser à la scolarité des enfants. Sera-t-il une bonne chose de mettre les faux jumeaux ou les jumeaux dans le même établissement scolaire ? Ou est-il préférable de les séparer ?

La famille formule des hypothèses plus diverses. Les parents commencent à se dire que si les enfants étaient dans le même établissement, ils pourraient s’aider. Et aussi se soutenir mutuellement. Le travail serait aussi pour eux plus léger, puisque leurs horaires et leurs fournitures scolaires seraient les mêmes ; il s’agirait d’un point positif.

Mais apparaîtra aussi l’idée que le plus à l’aise ou le plus timide des deux ou des trois prendra le dessus sur l’autre ou les autres. Sûrement que le plus faible n’envisagera pas de relever les défis, car il saura que son/ses frère(s) ou sa/ses soeur(s) l’assistera/l’assisteront ; peut-être que l’enfant le plus actif et entreprenant annulera un peu le plus réservé.

Il est probable que l’un des enfants se sente inférieur à l’autre ou aux autres dans le cadre de la comparaison qui se fera de manière naturelle (mais pas recommandée). Cela desservirait le développement naturel de sa personnalité.

Le sujet peut devenir une grande préoccupation et l’anxiété s’intensifiera à mesure que se rapprochera le moment de l’entrée à l’école. Commencera alors une ronde de consultations auprès d’autres mères, de conseils scolaires ou de psychologues. Mais alors, que faut-il faire ?

Est-ce une bonne chose que les frères et soeurs soient dans la même école ?

Beaucoup de mythes circulent à ce sujet. L’un d’eux assure que, dans tous les cas, le fait de séparer les frères et soeurs leur permet de mieux forger leur identité. Présenté comme une vérité indiscutable et valide dans toutes les situations, c’est un mythe. C’est faux, voire même pervers.

Des frères et soeurs multiples dans la même classe

Tous les frères et soeurs ont des caractéristiques propres, car chaque enfant est différent des autres. Et cela est également vrai pour les faux jumeaux et les jumeaux. Pour autant, il ne faut pas prendre des décisions a priori, mais gérer la situation en accord avec les résultats des enfants.

Quelques considérations intéressantes :

  • Les frères et soeurs multiples (faux jumeaux, jumeaux, triplés) : ils ont une relation très spéciale et unique. Ils ont été unis tout au long de la grossesse, ont partagé l’utérus maternel et suivi le même développement depuis le moment-même de la fécondation. Cela a une influence sur les liens qui se tissent entre eux
  • Généralement, ces enfants sont semblables, et pas seulement physiquement. Cependant, chacun d’eux a sa personnalité propre. Chaque enfant doit développer son indépendance vis-à-vis de son/ses frère(s)/soeur(s) et faire ses propres choix librement
  • A la maison et à l’école, il faut accorder une attention tout particulière à cela. Appeler chaque enfant par son nom – plutôt que de se référer uniquement à eux en disant « les faux jumeaux », « les jumeaux » ou « les triplés »-, les habiller différemment et respecter leurs goûts et leurs styles est un bon début
  • Il est nécessaire pour eux de s’adonner à des activités différentes à des moments distincts afin de fomenter ainsi leur identité. C’est le point de départ et le but, c’est l’attitude qu’adopteront les parents et les professeurs. Si on envisage ainsi l’éducation, alors les frères et soeurs qui se trouveront dans la même école ne seront en rien affectés

La prolongation du lien

Mettre les frères et soeurs dans la même école au début de leur scolarité, c’est permettre que leur lien affectif naturel et spécial se prolonge.

Si on sépare les frères et soeurs multiples à la maternelle, s’ajoutera alors chez eux un facteur de stress. De plus, cette séparation peut constituer pour eux un détachement supplémentaire qui s’ajoute à celui de la maison et de la mère. Parfois, cela peut se traduire par un manque de confiance en soi.

Il faut agir avec une grande précaution et observer attentivement l’adaptation et les résultats de chacun des frères et soeurs. C’est là que les professeurs jouent un rôle fondamental.

Une salle de classe

D’un autre côté, il faut aussi traiter les enfants comme des êtres indépendants, et faire en sorte qu’ils consolident leur indépendance lorsqu’ils sont en cours est crucial. Dans la salle de classe, ils doivent être deux personnes uniques et indépendantes.

Quand les frères et soeurs multiples passent de longs moments séparés à un très jeune âge, ils développent de hauts niveaux d’anxiété. Apparaît alors un plus grand nombre de conduites problématiques.

« Il est nécessaire pour eux de s’adonner à des activités différentes à des moments distincts afin de fomenter ainsi leur identité. »

La suggestion des psychologues et éducateurs spécialisés, dans ce genre de cas, c’est que les frères et soeurs entament ensemble leur processus de scolarisation. Il faut ensuite évaluer chaque situation pour savoir s’ils doivent continuer le chemin éducatif ensemble ou séparément.

Tous les frères et soeurs multiples et toutes les familles ont des traits et des histoires différents ; c’est pourquoi chaque situation doit être analysée de manière isolée. Il y a des expériences positives dans les deux cas, aussi bien dans la prolongation du lien entre les frères et soeurs multiples que dans leur séparation à l’école.