Comment détecter des phobies chez les enfants et les empêcher d'évoluer

16 novembre, 2020
Les peurs peuvent être très variées quand on est enfant. Cependant, pour éviter qu'elles ne se transforment en phobies, l'attitude des adultes est d'une grande importance.

L’éducation des enfants est une tâche complexe pour laquelle nous n’avons pas d’instructions. À certains moments de l’enfance, des peurs peuvent surgir : les parents peuvent alors se demander s’il s’agit de quelque chose de normal et d’évolutif ou si c’est une chose préoccupante qui requiert une intervention.

Même si, bien souvent, ces peurs sont naturelles et transitoires, il arrive qu’elles empirent si l’on n’agit pas à temps. Il est donc nécessaire de savoir comment détecter des phobies chez les enfants quand celles-ci n’en sont qu’à leur stade initial.

L’enfance est une étape de grande importance. À ces âges, les enfants sont comme des éponges, totalement perméables aux informations qu’ils reçoivent de leur environnement.

Les attitudes qu’ils vont développer au cours de ces années finiront par faire partie de leur personnalitéDe la même façon, les outils d’affrontement qu’ils vont apprendre constitueront une partie fondamentale de leurs ressources pour s’en sortir dans la vie.

L’action des parents face à une phobie infantile est donc essentielle. La façon de la gérer peut être déterminante pour le futur de l’enfant. Si, en tant que parents, nous lui offrons les ressources dont il a besoin, il pourra avancer et nous pourrons faire en sorte que cette phobie ne s’installe pas et n’affecte pas son quotidien.

Comment détecter des phobies chez les enfants ?

Un enfant qui a peur.

Découvrez les peurs évolutives

Il faut surtout connaître les peurs naturelles et typiques qui correspondent à chaque étape de croissance. En effet, il existe des peurs évolutives qui sont communes aux enfants d’un certain âge ; elles ont une fonction biologique et disparaissent au fil du temps. Les voici, à grands traits :

  • Jusqu’à six mois : peur des bruits forts et du manque de soutien.
  • 7-12 mois : peur des inconnus et de se séparer des principales figures d’attachement.
  • 1-2 ans : la peur du mal physique, de l’obscurité et des animaux vient se rajouter.
  • 3-4 ans : on inclut la peur des phénomènes naturels, comme les orages, et la réticence vis-à-vis d’objets inconnus.
  • 5-6 ans : on voit apparaître la peur de la maladie ou la peur que les êtres aimés souffrent. On a aussi peur de voir apparaître des êtres malfaisants dans le noir.
  • 7-8 ans : les peurs sociales apparaissent, comme la peur d’être ridicule ou d’être rejeté.
  • 9-12 ans : la peur du manque d’acceptation sociale augmente et celle des mauvais résultats scolaires arrive, ainsi que la peur de la mort.

Faire la différence entre peur et phobie

La première étape consiste donc à vérifier s’il s’agit d’une peur qui correspond à l’âge de l’enfant. Mais ce n’est pas suffisant : il est en effet possible qu’une peur évolutive se transforme en phobie. Pour détecter si cela est en train de se produire, nous devons nous concentrer sur les points suivants :

  • La peur, l’angoisse et le mal-être ressentis par l’enfant sont excessifs et disproportionnés, beaucoup plus que ce à quoi on devrait s’attendre.
  • Le petit essaye d’éviter à tout prix des situations liées à sa crainte ou les fuit le plus vite possible. S’il ne peut pas les éviter, il les supporte mais en ressentant un immense mal-être.
  • Cette peur interfère de façon importante dans sa vie quotidienne et lui empêche d’agir de manière adéquate. Ceci peut se manifester à travers une incapacité à dormir, à se lier ou à réaliser des activités quotidiennes.
  • Au fil du temps, la peur ne disparaît pas et augmente.
Un enfant qui a peur du noir.

Comment agir après avoir détecter des phobies chez les enfants ?

Avant toute chose, il est nécessaire que nous, les parents, nous montrions compréhensifs et respectueux face à la peur de l’enfant. Nous ne devons ni tourner en ridicule ses sentiments, ni leur ôter de l’importance.

L’étape suivante consiste à faire en sorte que l’enfant affronte, de façon progressive et graduelle, le stimulus craint. Néanmoins, pour cela, nous devons lui donner des forces et l’accompagner. Renforcer son estime de soi est indispensable pour qu’il se sente capable d’affronter ce défi.

Utilisez votre créativité pour inventer des trucs qui l’aideront à réduire l’anxiété d’exposition ; par exemple, un spray anti-monstres ou une cape qui le transforme en super-héros. Plus il fera face au stimulus qui lui fait peur, plus cette peur s’évanouira et plus sa confiance en lui augmentera.

Renforcez positivement chaque pas du petit vers sa peur et, surtout, montrez-lui, par votre attitude, que vous le comprenez, que vous l’accompagnez et que vous êtes certain qu’il réussira. Bien évidemment, si la situation se prolonge, consulter un psychologue pour enfants sera la meilleure décision.