Théories explicatives du développement affectif

01 septembre, 2020
Nous allons ici vous parler des théories et des auteurs les plus importants qui ont étudié en profondeur le développement affectif chez les bébés.

Beaucoup d’auteurs ont étudié et essayé de donner une explication aux processus d’évolution et de développement de l’être humain. Nous allons, dans cet article, vous présenter les auteurs les plus importants qui ont fourni des théories explicatives du développement affectif.

Théories explicatives du développement affectif

Les enfants naissent avec une série de comportements : succion, sourires, pleurs… Le but de ces comportements est de provoquer certaines réponses chez leur mère ou chez les personnes qui s’occupent d’eux, en maintenant une proximité et en recherchant des liens affectifs. Ces comportements sont les premières manifestations affectives du bébé.

Plusieurs auteurs ont observé et analysé les changements vécus par les enfants au cours de leurs premières années de vie. Tous affirment qu’établir des liens affectifs dès la naissance du bébé est absolument primordial. Ces premiers liens, ainsi que leur qualité, détermineront l’évolution et le développement affectif de l’enfant.

Leurs explications sont reprises dans les théories explicatives du développement affectif. Nous allons dès maintenant vous présenter les plus importantes.

Théorie de l’attachement de John Bowlby

Bowlby, psychiatre et psychanalyste londonien, a formulé la théorie de l’attachement. Grâce à ses recherches, il a démontré l’importance de créer des liens affectifs sûrs entre les enfants et leur mère (ou leurs tuteurs) car il s’agit d’un besoin primordial de l’être humain.

Par conséquent, son fondement théorique se base sur le fait que l’état de sécurité ou d’anxiété ressenti par l’enfant est déterminé par la réponse de l’adulte avec lequel il établit le lien affectif. Ce lien affectif évolue au fur et à mesure que l’enfant progresse dans son développement.

Attachement entre une mère et son fils.

Les phases de développement de l’affectivité infantile selon Bowlby

  • Pré-attachement (de 0 à 6 semaines)

Lors de cette phase, le bébé répond aux stimuli de son milieu à travers des réponses réflexes innées (sourire, pleurs, regard…). Il cherche à attirer l’attention des personnes qui s’occupent de lui. 

Même s’il n’a pas encore établi d’attachement à proprement parler, il manifeste bien une préférence pour la voix de sa mère (ou, le cas échéant, de son tuteur), par rapport à d’autres personnes.

  • Formation de l’attachement (de 6 semaines à 6 mois)

Les comportements et réponses du bébé sont davantage orientés vers la mère. Il sourit, balbutie et suit sa mère des yeux. Malgré cela, il n’affiche pas d’anxiété à cause de la séparation quand il la perd de vue. Mais la perte de contact humain le contrarie.

  • Attachement (de 6 mois à 1 an)

Le lien affectif entre la mère et l’enfant est évident. Lors de cette étape, le petit montre de l’anxiété et de la colère lorsqu’il est séparé de sa mère. À environ 8 mois, le bébé commence à rejeter d’autres personnes proches de son environnement.

Il ne se calme qu’en présence de sa mère et de ses berceuses. Ainsi, lors de cette phase, les efforts de l’enfant sont destinés à attirer l’attention et la présence de sa mère.

  • Formation de relations réciproques (24 mois et plus)

Au cours de cette phase, le langage et la capacité de représentation mentale apparaissent. Grâce à cela, l’enfant est capable d’anticiper et de prédire le retour de sa mère quand elle est absente, ce qui lui permet de faire baisser son anxiété due à la séparation. Le petit comprend que sa mère reviendra.

Une fois ces phases achevées, l’enfant aura établi un lien suffisamment solide. Il n’aura donc plus besoin de chercher continuellement sa mère car il sait qu’elle viendra quand il aura besoin d’elle.

Le développement affectif selon Jean Piaget

On connaît davantage Piaget pour ses études sur le développement cognitif. Cependant, le développement affectif, selon lui, est parallèle au développement cognitif. Ces deux types de développement sont aussi parallèles qu’indissociables et importants dans la vie de l’enfant.

Ces deux développements, affectif et cognitif, recherchent l’adaptation au milieu et progressent de l’égocentrisme à la socialisation.

Les étapes du développement affectif selon Piaget

  • La période sensorimotrice (de 0 à 2 ans)

L’affectivité et l’intelligence se manifestent dans les désirs d’exploration, de manipulation et d’expérimentation de l’enfant. Il recherche ce qui lui fait du bien et rejette ce qui ne lui plaît pas. Il commence aussi à se lier à son milieu et les premières manifestations affectives apparaissent.

La main d'un bébé qui attrape celle de sa maman.

  • Période pré-opérationnelle (de 2 à 6 ans)

La capacité de représentation apparaît. L’enfant est capable de penser de façon symbolique. Cette pensée est intuitive, ce qui veut dire qu’elle se base sur des émotions et des sensations. Il n’est pas capable d’adopter le point de vue des autres (égocentrisme).

L’acquisition et la consolidation du langage permettent à l’enfant de verbaliser ses émotions et sentiments. Les premiers sentiments d’empathie ou de sympathie vis-à-vis des personnes font leur apparition.

  • Période d’opérations concrètes (de 6 à 12 ans)

La pensée logique apparaît, même si les enfants peuvent seulement l’appliquer à des objets concrets. Lors de cette étape, l’enfant est déjà capable de prendre en compte d’autres points de vue. Il a la capacité émotionnelle de faire la différence entre ses besoins et leurs buts ; entre ce qu’il désire et son devoir.

Les relations sociales commencent à avoir plus d’importance et, petit à petit, il développe sa personnalité.

  • Période d’opérations formelles (12 ans et plus)

Cette étape représente le niveau le plus élevé du développement cognitif. La vie affective s’affirme à travers la double conquête de la personnalité et son insertion dans la société des adultes. L’adolescent est déjà conscient de sa nature sociale et sait qu’il a besoin de l’affection et de la tendresse des autres.

Henry Wallon

Médecin, psychologue et pédagogue qui a dédié sa vie à la psychologie de l’enfant. Wallon affirme que l’enfant est un être social dès sa naissance et que, par conséquent, la clé de son développement se trouve dans l’interaction avec les autres.

Selon Wallon, plusieurs aspects doivent se combiner pour le développement de l’enfant : les aspects moteurs, affectifs, cognitifs et psychomoteurs. Ils sont également tous importants pour développer les émotions, la perception, la pensée et le langage.

Par ailleurs, il se focalise sur quatre facteurs qui expliquent l’évolution psychologique de l’enfant et qui construisent la personnalité : les émotions, l’autre, le milieu – qui peut être physique, biologique et social – et le mouvement.

Stades du développement affectif selon Wallon

  • Impulsivité motrice (0 à 6 mois)

Le bébé montre ses émotions pour satisfaire ses besoins de base et construit ainsi une symbiose affective. Dans le but de combler ces besoins, il établit une communication affective avec ses tuteurs.

  • Stade émotionnel (6 à 12 mois)

Une maturation du cerveau se produit. Grâce à elle, le bébé devient social et non plus biologique. Il cherche la présence de ses tuteurs, qu’il considère, en soi, comme un besoin.

  • Stade sensorimoteur (de 1 à 3 ans)

En plus des relations avec les personnes et l’environnement, il établit des relations, même d’attachement, avec des objets de son milieu.

Le développement affectif d'une maman et son bébé.

  • Stade du personnalisme (3 à 6 ans)

Il s’agit d’une période très importante dans l’affirmation et la construction du moi, de sa personnalité. Elle se caractérise par un fort besoin d’attention et d’affection de la part des adultes.

  • Stade catégoriel (6 à 11 ans)

Le centre d’attention dévie un peu de l’adulte et se centre sur le monde extérieur. Sa conquête et connaissance du monde extérieur seront sa source d’intérêt.

  • Stade de l’adolescence (12 ans et plus)

Cette période se caractérise par une contradiction entre ce qui est connu et ce que l’enfant veut connaître. On voit surgir des conflits, des ambivalences affectives et des déséquilibres dans le domaine émotionnel.

Sigmund Freud

Pour Freud, les expériences au cours de la première enfance peuvent conditionner la personnalité adulte. Cet auteur signale que « le développement socio-affectif peut être synthétisé en trois points : le lien affectif mère-enfant, le développement psycho-sexuel et le développement social et moral ». 

Pour Freud, la relation précoce de l’enfant avec sa mère est déterminante pour son développement socio-affectif futur. Ainsi, le père de la psychanalyse énonce trois hypothèses de base sur le développement affectif des individus :

  • Le lien affectif suit un cours fixe. En d’autres termes, il commence avec l’adaptation de l’enfant à la figure du tuteur, pour ensuite s’étendre au reste de la famille.
  • Les caractéristiques de la relation de l’enfant avec son tuteur vont avoir une influence dans son développement postérieur.
  • Le contexte de ce lien, la relation mère-enfant, modèlera les traits durables dans la personnalité de l’enfant.

À propos des théories explicatives du développement affectif

Parmi les théories explicatives du développement affectif que nous avons exposées dans cet article, celle qui a eu le plus de répercussion a été la théorie de l’attachement de John Bowlby. On connaît aujourd’hui l’importance des liens affectifs entre l’enfant et sa mère pour un bon développement social, émotionnel et cognitif.