Piaget : les caractéristiques de la pensée préopératoire

· 25 novembre 2018
La pensée préopératoire chez les enfants est une théorie développée par le célèbre psychologue Jean Piaget. Elle décrit les caractéristiques de leur raisonnement entre 2 et 7 ans.

La pensée préopératoire est l’étape du développement cognitif par laquelle l’enfant passe entre 2 et 7 ans. C’est le psychologue Jean Piaget qui a développé la connaissance de l’évolution de la pensée humaine à partir de la naissance.

Dans sa théorie, Jean Piaget propose quatre étapes de développement de la pensée et de l’apprentissage par lesquelles passent tous les êtres humains.

Ce psychologue a compris que les schémas de pensée et de comportement des enfants sont différents de ceux des adultes. 

Chaque étape du développement possède ses propres façons de penser, de raisonner, d’agir et de sentir. Celles-ci doivent être prises en compte au moment d’accompagner ce processus.

Pourquoi est-il important de les connaître ? Pour parvenir ainsi à éduquer les enfants de manière cohérente et efficace, à partir de la connaissance de leur façon de penser et de raisonner.

Pensée préopératoire selon Piaget

Entre 2 et 7 ans environ, l’enfant se trouve dans l’étape de la pensée préopératoire. Il a déjà surmonté l’étape sensori-motrice. Celle-ci a commencé à sa naissance jusqu’à ses 2 ans.

« Si vous voulez être créatif, gardez une partie d’enfance, avec la créativité et l’inventivité que caractérise les enfants, avant d’être déformés par la société adulte. »

-Jean Piaget-

Quelles sont les caractéristiques de la pensée préopératoire ?

Cette période se caractérise par les facteurs suivants :

  • L’apparition du langage. Celui-ci conditionne tous ses schémas mentaux.
  • La possibilité de parler déclenche un schéma mental différent, dans lequel la fonction symbolique est primordiale. L’enfant utilise des symboles pour représenter les objets, lieux et personnes. Il comprend que les mots servent à désigner les choses qui se trouvent à ses alentours.
  • Il assume son identité en dépit des changements que son corps expérimente. Celui-ci se reconnaît bien qu’il grandisse et change. Cela survient également avec ses parents et ses frères et soeurs. Il les identifie ainsi, bien que leur apparence évolue.
  • Peu à peu, il acquiert la capacité de se mettre à la place des autres. Le jeu de rôles lui permet d’assumer le rôle d’autres personnes qu’il connaît. Il imitera à sa mère dans la cuisine, par exemple.
  • L’égocentrisme est très présent durant toute cette période. Il considère toujours que le monde tourne autour de lui. Cela rend très difficile la pensée abstraite.

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Un enfant est pensif

Cette pensée abstraite se manifeste spécialement pendant la socialisation. À cette étape, les enfants jouent généralement seuls. Ils peuvent néanmoins partager l’espace et les jouets avec d’autres enfants.

C’est un trait qui inquiète les mères. On les entend répéter constamment : « Il faut partager ! » lorsque l’enfant veut tous les jouets pour lui seul.

Formation de concepts et questions

  • L’animisme est un autre trait caractéristique de la pensée préopératoire. Il attribue une intentionnalité à tous et ainsi, toutes les choses sont animées. Les objets sont mauvais parce qu’ils tombent ou la Lune est bonne parce qu’elle permet de voir dans la nuit.
  • Il explique le monde avec un réalisme magique. Il simplifie les explications de tout ce qui se passe autour de luit. C’est une pensée basée sur des associations simples.
  • Sa pensée fonctionne par analogie. Il établit des relations comparatives entre des données. Il cherche des ressemblances et des différences et en tire des conclusions. Ce n’est pas une pensée logique.
  • L’enfant est formateur de concepts. Il ne se préoccupe pas d’en vérifier la plausibilité ou non. Par exemple, si un enfant constate que sa mère range la maison quand elle attend une visite, à chaque fois qu’elle le fera, l’on attendra des invités.
Une fille est en train de se poser des questions

  • C’est l’étape des « pourquoi ». Il est en train de connaître le monde à travers des adultes. Le pourquoi des choses lui permet d’obtenir des réponses. L’on constate les caractéristiques de sa pensée magique dans ses questions.
  • Il peut poser des questions sur des sujet simples et quotidiens ou bien sur des sujets complexes et transcendants, tels que la mort ou la sexualité. Parfois, une bonne stratégie est de lui retourner la question avec un : « Et toi, qu’en penses-tu ? ». Cela l’oblige à réfléchir, à émettre des hypothèses et à mobiliser sa pensée pour trouver une réponse.
  • L’irréversibilité de sa pensée fait que l’enfant ne parvient pas à concevoir deux catégories en une. Par exemple, sa mère ne peut pas être la mère de sa grand-mère, puisque c’est sa mère à lui.

Selon Piaget, les différences individuelles ont un impact sur la façon de penser des enfants lors de cette période préopératoire. Celles-ci se concentrent plus sur certains traits plutôt que sur d’autres.

Le début de la période des opérations concrètes

La fin de cet état correspond avec le début de l’alphabétisation basique. Autrement dit, c’est le début de la période des opérations concrètes.