Les lois qui compromettent l’intimité de la mère

7 mars 2018
La maternité est encadrée par un certain nombre de dispositions légales souvent reléguées au second plan par les parents. La naissance d'un enfant n'est pas seulement un projet de vie. En effet, toute famille fait partie de la société. C'est pour cette raison qu'il existe des lois qui régissent la maternité et, de façon générale, la parentalité.

Évidemment, en tant que mère, vous pensez surtout à l’éducation de votre enfant et aux moments extraordinaires que vous allez passer avec lui. Mais la loi peut vous obliger à vivre des instants plus désagréables.

Toute mère a droit à son intimité. Cependant, dans certains cas, les lois agissent à l’encontre de ce principe. Par exemple, il peut arriver qu’on oblige la mère à révéler l’identité du père du bébé. C’est pourtant une violation de son intimité.

Une femme ne peut pas toujours ou n’a pas toujours envie de parler ouvertement de ses relations et de sa vie intime ou sexuelle. Cependant, il existe des lois qui obligent les mères à soumettre leurs enfants à des tests de paternité. Dans certains cas, on présente la loi comme une manière de protéger l’enfant, en cas de doute sur l’identité du père.

Par exemple, en Allemagne, la loi serait une manière de protéger un homme et de lui donner la possibilité de refuser de payer une pension alimentaire s’il n’est pas le père de l’enfant. La loi prévoit également le remboursement des pensions alimentaires déjà perçues, si le test de paternité est négatif.

Les lois qui compromettent l’intimité de la mère sont-elles justes ?

La vérité n’est pas toujours juste. Évidemment, le fait de ne pas connaître l’identité du père de l’enfant peut avoir des conséquences diverses. Par exemple, cela peut entrainer l’échec d’une procédure médicale qui nécessite d’avoir la même identité génétique.

Des lois peuvent obliger la mère à révéler l'identité du père de son enfant.

De même, il est possible qu’à l’âge adulte, deux frères et sœurs se rencontrent sans savoir qu’ils sont liés par le sang. Bien sûr, le principal inconvénient, c’est le fait que l’enfant ne connaisse pas son père biologique et que celui-ci soit dépossédé de son rôle.

Dans certaines sociétés, les mères n’ont presque pas d’intimité. Elles sont traitées comme des objets. Les lois peuvent être très dures. Cependant, même dans ce genre d’environnement, il peut toujours arriver qu’une femme tombe enceinte d’un homme dont elle ne souhaite pas parler.

Selon les lois allemandes, un homme n’a aucune responsabilité financière envers un enfant qui n’est pas son fils ou sa fille. L’homme a donc le droit de demander un test de paternité pour déterminer la vérité. Si le test est négatif, l’homme peut demander au père biologique le remboursement des pensions alimentaires perçues.

Cela signifie qu’on oblige la mère à révéler l’identité du père de son enfant. Ce n’est pas la même chose dans tous les pays. Par exemple, en Espagne, la mère n’est pas obligée de révéler l’identité du père de son enfant. Mais si, pour des raisons judiciaires, on lui demande un test ADN, on peut facilement savoir qu’il n’existe pas de lien génétique entre l’enfant et son géniteur supposé.

Le problème, ce ne sont pas les tests de paternité

On a de plus en plus souvent recours aux tests de paternité.

On a de plus en plus souvent recours à des tests de paternité, car ils ne cessent de s’améliorer et de se simplifier. On peut les faire pendant la grossesse ou bien après l’accouchement. Ils sont moins fréquents quand l’enfant a plus d’un an. En général, on réalise un test de paternité quand le père exprime des doutes. Parfois, c’est la mère elle-même qui souhaite apporter la preuve de la filiation.

Cependant, le fait qu’une mère soit obligée de révéler l’identité du père de son enfant est une atteinte à la vie privée qui devrait toutes nous inquiéter. En effet, la vérité peut avoir des conséquences négatives pour le bébé ou la mère. De plus, les lois devraient protéger notre intimité, au lieu de rendre légales de telles violations.

Le problème, ce n’est pas que les tests de paternité existent, mais le fait qu’ils puissent devenir obligatoires. Par exemple, un test de paternité négatif peut prouver l’infidélité de la mère. Cela pose des questions d’éthique. Peut-on obliger une femme à révéler son intimité et sa vie privée ?

 

 

A découvrir aussi