Les émotions secondaires et leur manifestation chez les enfants

· 9 décembre 2018
Détecter les émotions peut parfois être facile. Cependant, il y en a d'autres moins évidentes avec lesquelles nous devons approfondir la perception. Il s'agit des émotions secondaires, dont l'extension dans le temps peut avoir des conséquences négatives.

Les émotions peuvent se classer en deux types : émotions primaires et émotions secondaires. Les premières sont celles avec lesquelles nous répondons à des stimuli de notre environnement ou des êtres y participant.

Par exemple, si quelqu’un nous insulte ou nous tape, nous sentirons de la colère.

Les émotions secondaires, quant à elles, ne sont pas innées et s’acquièrent au fur et à mesure de notre croissance.

Selon la classification élaborée par le psychologue Paul Ekman, les émotions primaires sont : la joie, la tristesse, la colère, la peur, le dégoût et la surprise. 

Une caractéristique essentielle de ce type d’émotions est qu’elles sont universelles. Elles sont de plus pré-figées génétiquement. Autrement dit, nous les connaissons dès que nous naissons.

À cela, William James et Carl Lange ajoutèrent l’idée que les émotions dépendent de deux facteurs : les changements physiques de notre organisme devant un stimulus et l’interprétation postérieure que nous en faisons.

À ce propos, Stanley Schachter et Jerome Singer ont construit leur propre théorie. Cette dernière affirme que nos pensées peuvent également entraîner une réponse organique. De plus, cela provoque la libération d’une série de neuro-transmetteurs qui activeront une émotion déterminée.

Quelles sont les émotions secondaires ?

À l’inverse des émotions évoquées précédemment, les émotions secondaires sont plus complexes. Selon Ekman, ceux sont celles qui sont le résultat de notre croissance, de l’interaction avec les autres et la combinaison de plusieurs émotions primaires.

En outre, elles ne sont pas aussi facilement identifiables que les plus primaires. Cela signifie que nous ne les exprimons pas toujours avec des gestes -un sourire ou le froncement de sourcils, comme le cas de la joie ou de la colère.

Dans les années 1990, Ekman distinguait les émotions secondaires :

  • Culpabilité
  • Embarras
  • Mépris
  • Complaisance
  • Enthousiasme
  • Fierté
  • Plaisir
  • Satisfaction
  • Honte

Une caractéristique principale de ces émotions secondaires, c’est qu’elles sont apprises, mentales et ne remplissent pas de fonction biologique adaptative.

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Connexion entre les émotions secondaires et les émotions primaires

La psychologue vénézuélienne Graciela Baugher soutient dans son étude que les émotions secondaires expriment un problème de l’esprit que nous devons éliminer pour ne pas souffrir des conséquences.

« Les émotions secondaires sont le résultat de notre croissance, de l’interaction avec les autres et la combinaison de plusieurs émotions primaires. »

Celles-ci agissent comme des prolongations mentales des émotions primaires, qui peuvent, à terme, nous rendre malades. Par exemple, Baugher indique que la peur nous protège à des moments données. Cependant, si elle se prolonge dans le temps, elle crée de l’anxiété, des phobies et de la panique.

La même chose survient avec la tristesse. Celle-ci nous permet de commencer à récupérer avec une situation traumatisante. Néanmoins, si elle s’étend, elle génère de la dépression et des tendances autodestructrices.

Enfin, Baugher détaille qu’il se passe quelque chose de semblable pour la joie. Celle-ci peut provoquer de l’attachement ou du plaisir. La colère peut être à l’origine de la haine ou du ressentiment.

Comment elles se manifestent chez les enfants ?

Le premier pas pour qu’un enfant manifeste une émotion -très important dans leur développement émotionnel, c’est d’apprendre à les identifier.

Dans ce sens, la stimulation de l’intelligence émotionnelle est un pas fondamental dans lequel les parents doivent aider. Comment ? Grâce à des exercices pour les aider à comprendre leurs émotions. Cela peut être des jeux, des dessins voire des applications pour smartphone.

Le travail d’Ekman se fonde sur l’étude des expressions faciales. C’est la première façon de détecter l’une des émotions secondaires chez un enfant.

Une fois que l’on a perçu une émotion donnée chez l’enfant, ou si nous suspectons la présence de l’une d’entre elles, l’on recommande fortement d’en parler avec lui. La parole, tant chez les enfants que chez les adultes, est l’une des meilleures manières d’extérioriser les émotions.

Des enfants travaillent les émotions

De fait, ne pas le faire peut être plus dangereux de ce que l’on croit. Réprimer les émotions peut entraîner une faiblesse émotionnelle et mentale, une faible estime de soi, un manque d’empathie, d’authenticité et des problèmes comportementaux.

« ‘La stimulation de l’intelligence émotionnelle est un pas fondamental dans lequel les parents doivent aider. « 

Les émotions et la mauvaise conduite

La mauvaise conduite, justement, constitue une autre forme d’exprimer les émotions secondaires chez les enfants. 

Pourquoi ? Puisque si le mauvais comportement d’un enfant peut être déterminé génétiquement par son caractère inné, il peut également être la conséquence directe de l’éducation qu’il a reçue -y compris sur le plan émotionnel.

Un enfant qui réprime les sentiments négatifs, ou pire encore, qui tente de les extérioriser mais qui ne trouve pas le soutien et l’attention qu’il mérite, finira par éprouver des sentiments de ressentiment et de négativité.

Il est ainsi clair que les parents ont un rôle très important dans la détection des émotions de leurs enfants, leur compréhension et l’élaboration postérieure de réponses face à celles-ci.