Le trouble de l’alimentation sélective chez l’enfant

9 novembre 2019
Les enfants souffrant du trouble de l'alimentation sélective ne mangent qu'un nombre limité d'aliments, ce qui peut entraîner un risque de carence nutritionnelle.

Tout d’abord, il ne faut pas confondre les troubles de l’alimentation sélectives avec la réticence à manger que peuvent éprouver bon nombre d’enfants. En effet, il est fréquent que les enfants aient certaines difficultés d’alimentation. Une préférence pour certains aliments et une répugnance à en manger d’autres. Cependant, dans certains cas, le rejet devient si fort que l’apport nutritionnel se limite à un très petit groupe d’aliments. Par conséquent, cela peut compromettre les besoins nutritionnels. C’est le cas du trouble de l’alimentation sélective.

Auparavant, ce syndrome n’était pas catalogué comme tel. Cependant, dans la dernière révision du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5), l’alimentation sélective a été reconnue comme un trouble à part entière aux caractéristiques bien définies. On sait maintenant que la tendance à éviter les grands groupes alimentaires va au-delà des caprices ou du mauvais comportement de l’enfant.

Le trouble de l’alimentation sélective

Le syndrome de l’alimentation sélective fait référence à un régime alimentaire restreint et peu varié caractérisé par un refus profond de goûter de nouveaux aliments. L’évitement se base sur les caractéristiques sensorielles de l’aliment (texture, couleur, forme). Finalement, il a d’importantes conséquences nutritionnelles.

enfant ne voulant plus manger

Souvent, ces enfants ne parviennent pas à atteindre leur poids normal pendant leur croissance. Il est également fréquent qu’ils perdent beaucoup de poids. De même, ces problèmes sont d’habitude associés à des carences nutritionnelles importantes. En effet, ce sont souvent les légumes, la viande ou le poisson qui sont rejetés.

Ce trouble a également un impact sur le plan psychosocial. En effet, ces enfants ont tendance à éviter les événements sociaux ou leur difficulté peut se révéler un problème. Il s’agit d’un trouble qui affecte le bien-être de l’enfant qui en souffre mais aussi celui de ses parents. Souvent, les parents se sentent désarmés face aux refus continuels de leur enfant.

Il ne s’agit pas seulement d’un caprice

Nous devons garder à l’esprit que cette situation n’est pas un caprice d’enfant « gâté ». C’est un syndrome qui trouve ses origines dans de multiples causes. Et, bien souvent ce trouble à des implications plus profondes. Bien que les causes exactes ne soient pas encore connues, il semble être lié aux éléments suivants :

  • Il est courant que ces enfants présentent une personnalité anxieuse. Éventuellement, avec des traits obsessionnels compulsifs ou même une tendance à la phobie sociale. Ils montrent également une faible adaptation au changement et à la nouveauté. Il est possible que le trouble de l’alimentation sélective soit une manifestation de cette personnalité rigide et inflexible.
  • On a aussi observé chez ces enfants des problèmes affectifs avec les parents. En effet, ces enfants, souvent incapables de s’exprimer verbalement, sont sujets à des crises de colère ou aux cris pour communiquer leur mécontentement. Ce type de comportement peut évidemment générer beaucoup de stress, de mal-être et de nervosité chez les parents. Cela peut parfois entraver la création du lien affectif et de la confiance au sein de la relation parents-enfant. Pour éviter ces situations, les parents choisissent généralement de donner uniquement à l’enfant les aliments qu’il accepte. Cependant, cela renforce les difficultés de l’enfant.
  • Diverses études ont révélé qu’un pourcentage important d’enfants et de jeunes atteints de ce trouble présentent une phobie profonde de l’étouffement ou du vomissement. Enfin, certains sont sujets à certaines allergies alimentaires.
Enfant refusant la nourriture : trouble de l'alimentation sélective

Comment prévenir et traiter les troubles de l’alimentation sélective ?

  1. Lorsque votre bébé commence à bien se nourrir, la méthode de la Diversification Menée par l’Enfant (DME) peut vous aider à explorer la diversité des aliments et à les aborder à votre propre rythme. De cette façon, le tout-petit le vit comme un processus naturel et amusant et non comme quelque chose d’imposé.
  2. Nous devons également être cohérents et patients. Pour cela, nous ne devons pas perdre notre calme ni céder au refus de l’enfant.
  3. Pour les plus petits, nous sommes leurs modèles. Il est important que tous les membres de la famille mangent ce qui est sur la table, sans exception. Le fait de se réunir pour manger et de passer ce moment social ensemble est également important.
  4. Essayez également d’innover au niveau de la cuisine. Par exemple, en incluant différentes textures, saveurs et modes de préparation. Le fait de quitter la routine stimulera la curiosité et le goût de l’enfant pour de nouvelles saveurs.
  5. Une fois le trouble présent, il est important de consulter un professionnel. Dans certains cas, les carences nutritionnelles peuvent nécessiter une courte hospitalisation.
  6. Dans tous les cas, il sera nécessaire d’intervenir de façon interdisciplinaire. C’est à dire en impliquant psychologue, médecin et nutritionniste. Il sera essentiel de travailler sur l’éventuelle personnalité rigide de l’enfant et sur le lien avec les parents. Et, surtout, d’effectuer des expositions progressives à de nouveaux aliments.
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