Le polytraumatisme et la grossesse

19 août 2019
L'association entre polytraumatisme et grossesse est plus fréquente en raison de modifications de l'activité de travail des femmes enceintes et de leurs déplacements. Découvrez-en plus sur les polytraumatismes et la grossesse dans cet article.

L’association entre le polytraumatisme et la grossesse devient de plus en plus fréquente en raison de l’activité accrue des femmes enceintes sur leur lieu de travail, du fait de continuer à travailler jusqu’à la fin de la grossesse et de l’augmentation de l’utilisation de la voiture pour les voyages.

La combinaison de ces facteurs a entraîné une augmentation des traumatismes obstétricaux et de la mortalité de la femme enceinte et du fœtus.

La femme enceinte présente des caractéristiques physiques et physiologiques différentes de celles de la femme qui ne l’est pas. En effet, il est important de les connaître pour traiter le polytraumatisme et la grossesse de la meilleure façon possible.

Le polytraumatisme et la grossesse

Les traumatismes sont devenus la principale cause de décès non obstétricaux au cours de la grossesse et, dans le binôme mère-foetus, le bébé peut subir des dommages en raison du traumatisme lui-même et par l’état de la mère.

Les changements anatomiques et physiologiques qui se produisent chez les femmes enceintes peuvent modifier la réponse de votre corps à ce même traumatisme. Ainsi, les effets d’un traumatisme pendant la grossesse seront conditionnés par les facteurs suivants :

  • L’âge gestationnel
  • Le type et gravité du traumatisme.
  • Les altérations produites dans la physiologie féto-placentaire.

Il est essentiel de concentrer les premiers soins sur la mère pour que, plus tard, une fois la mère stabilisée, on puisse s’occuper du fœtus.

le polytraumatisme et la grossesse

Le système cardiovasculaire

En raison des changements qui se produisent pendant la grossesse, la femme enceinte subit une augmentation de son volume sanguin, ce qui rend indispensable le contrôle de toute hémorragie maternelle pouvant survenir après le traumatisme.

En effet, cette augmentation du volume sanguin a pour conséquence qu’en cas d’hémorragie, la mère mettra plus de temps à se mettre en état de choc. L’oxygénation du fœtus serait compromise beaucoup plus tôt. C’est pourquoi, bien que la perte de sang ne semble pas affecter l’état de la mère, on doit la traiter rapidement.

Les organes périnéaux

Il sera également important d’explorer les lésions pouvant apparaître dans le vagin, le périnée et le rectum après le traumatisme. En effet, cela pourrait indiquer une implication de structures gynécologiques-obstétriques.

La réanimation cardiopulmonaire (RCP)

En ce qui concerne la pratique de la RCP chez les femmes enceintes, il existe une controverse sur le moment opportun pour effectuer une césarienne d’urgence si aucune réponse n’est obtenue après les manœuvres. En effet, on la pratique généralement après un certain temps, si les manœuvres de RCP ne donnent pas les réponses appropriées.

De plus, pour la prise de décision, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que la viabilité du fœtus (foetus de plus de 24 semaines de gestation), l’état de la mère…

Les traumatismes pénétrants

L’augmentation de la taille de l’utérus pendant la grossesse entraîne le mouvement des organes abdominaux, ce qui augmente le risque de lésions de l’utérus et diminue les dommages causés aux autres viscères.

En effet, le muscle utérin, le liquide amniotique et le fœtus permettent d’absorber une grande quantité d’énergie provenant des projectiles pénétrants, minimisant ainsi les dommages causés aux autres organes.

Le polytraumatisme et la grossesse : les lésions spécifiques de la femme enceinte

Certaines blessures ne peuvent apparaître qu’en cas de polytraumatisme et de grossesse :

Le traumatisme utérin

Un coup porté au niveau utérin peut provoquer une rupture du muscle utérin (myomètre) et une rupture des parois. En effet, cela suppose une situation d’urgence pour la mère et le fœtus.

La rupture utérine peut être complète ou incomplète et s’accompagne généralement des signes et symptômes suivants :

  • Bradycardie fœtale (la fréquence cardiaque du fœtus diminue).
  • Douleur abdominale.
  • Diminution ou arrêt des contractions (si la mère était déjà en travail).
  • Tachycardie ou hypotension maternelle, due à une perte de sang.
  • Saignements vaginaux.
  • Hématurie (sang dans les urines).
  • Montée de la présentation fœtale et des parties fœtales facilement palpables, si le fœtus est expulsé vers la cavité abdominale.

Dans le cas d’une rupture utérine les médecins vont axer leurs efforts sur la stabilisation et l’anesthésie de la mère, ainsi que sur la chirurgie (laparotomie) pour extraire le fœtus..

Une femme enceinte sur un sofa.

Les contractions utérines

Les contractions utérines peuvent survenir avant l’accouchement : après un traumatisme, dans des situations stressantes, en cas de déshydratation… C’est le problème obstétrical le plus fréquent causé par un traumatisme.

En fonction de la situation présentée par la femme et le fœtus (sac amniotique complet ou non, semaines de gestation, statut foetal et maternel), différentes actions seront adaptées à chaque situation :

  • Surveillance maternelle et fœtale.
  • Administration de médicaments tocolytiques (pour arrêter les contractions).
  • Laisser la grossesse évoluer normalement
  • Etat de santé de la femme enceinte

Décollement du placenta

Dérivé d’un traumatisme pendant la grossesse, le détachement prématuré du placenta peut également survenir. Cela consiste en un décollement total ou partiel du placenta avant l’expulsion du fœtus au cours d’une gestation de plus de 20 semaines.

Cette situation suppose une urgence vitale, car le placenta est l’organe qui oxygène et nourrit le fœtus et, s’il est complètement détaché, le fœtus cesserait de recevoir du sang.

Certains des signes et symptômes qui peuvent apparaître sont les suivants :

  • Hypoxie foetale
  • Saignement visible (vaginal) ou interne.
  • Douleur abdominale.
  • Coagulation intravasculaire disséminée.
  • Choc et autres complications.

Le traitement dans cette situation se concentre sur la stabilisation de l’état de santé de la mère et l’extraction du foetus (césarienne ou accouchement vaginal).

Hémorragie fœto-maternelle

Le passage du sang fœtal à la circulation maternelle est plus fréquent chez les femmes traumatisées. Les conséquences de cette hémorragie sont liées à son intensité et peuvent être :

  • Sensibilisation Rh chez les mères avec Rhésus négatif et le fœtus avec Rhésus sanguin positif.
  • Arythmies
  • Anémie
  • Mort du foetus due à une perte de sang excessive.

Pour éviter la sensibilisation Rh, toutes les femmes atteintes de rhésus sanguin négatif recevront une immunoglobuline Rh préventive. De même, on déterminera l’état de la mère et du foetus pour déterminer la conduite à tenir.

Rupture prématurée des membranes

Cela consiste en la rupture du sac amniotique avant que le travail ne commence spontanément. Les facteurs suivants doivent être évalués pour déterminer l’attitude à suivre :

  • Semaines de gestation et de maturité foetale.
  • Quantité de liquide amniotique perdue.
  • Risque d’infection
  • Caractéristiques du liquide amniotique.
Le polytraumatisme et la grossesse, un couple heureux

Le polytraumatisme et la grossesse : blessures du foetus

Dans le traumatisme qui se produit pendant la grossesse, la santé du fœtus est également en jeu. Outre les problèmes évoqués ci-dessus, le fœtus peut présenter un problème de risque de détresse fœtale.

Les conséquences des traumatismes sur le fœtus sont dues à des modifications de l’oxygénation et de la perfusion placentaires. La détresse fœtale est diagnostiquée par une surveillance externe et ses signes sont :

  • Altérations de la variabilité de la fréquence cardiaque fœtale.
  • Décélérations fœtales après contractions utérines.

Sur le polytraumatisme et la grossesse, rappelez-vous…

Chaque situation doit être évaluée individuellement. L’équipe médicale prendra les décisions en fonction de l’état de la mère et du fœtus.

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