Hydramnios : excès de liquide amniotique pendant la grossesse

9 mai 2019
Pour se développer normalement dans l'utérus, les bébés ont besoin d'un équilibre de la production de liquide amniotique. Un excès ou une déficience de cette production peut être risqué pour le fœtus et être à l'origine de complications.

Il semblerait que 2 % des femmes enceintes souffrent d’un excès de liquide amniotique. Cette condition est connue sous le nom d’hydramnios.

Une altération de la quantité de liquide amniotique à n’importe quelle phase de la grossesse peut être à l’origine de complications pouvant mettre en danger la vie de l’enfant. Dans cet article, vous découvrirez cette condition, son diagnostic et ses possibles causes.

Qu’est-ce que l’hydramnios ?

L’hydramnios est également connu sous le nom de « polyhydramnios » ou « polyamnios ». Il correspond à un excès de liquide amniotique dû à l’augmentation de la quantité de liquide amniotique contenu dans la poche des eaux. Une quantité de liquide amniotique adéquate protège le bébé qui commence à l’avaler et à l’inhaler au niveau du deuxième semestre de grossesse.

Cette action permet le développement des poumons et du système digestif. Une augmentation de la quantité de liquide suppose une faille dans ces mécanismes.

Cette condition peut être diagnostiquée lors d’une échographie où l’on détermine l’index amniotique. Ce calcule s’effectue en mesurant le volume de liquide dans chacun des 4 quadrants de l’utérus et en additionnant les résultats obtenus. Un index supérieur à 24 cm traduit la présence d’hydramnios chez la femme enceinte.

Quelle est la quantité normale de liquide amniotique ?

La quantité de liquide amniotique peut varier chez chaque femme et elle augmente à mesure que la grossesse avance. Cependant, le volume maximum est atteint aux alentours de la semaine 32, en atteignant une stabilité à la semaine 36.

A partir de cette étape, la quantité de liquide commence à diminuer à nouveau mais elle n’est jamais nulle. Le volume de liquide amniotique est généralement de 800 mL à 1 litre.

liquide amniotique au cours de la grossesse

Les causes de l’excès de liquide amniotique

Dans la majorité des cas, les causes de cette anomalie sont inconnues du noyau médical. Cependant, un excès de liquide amniotique est généralement causé par une production trop importante de ce liquide, ce qui ne permet pas son absorption. D’autres causes de ce problème sont :

Le diabète gestationnel

L’hydramnios est plus courant chez les femmes atteintes de diabète et n’étant pas capables de contrôler leur niveau de sucre dans le sang.

Les altérations fœtales

Une autre cause de l’excès de liquide amniotique est associée aux malformations fœtales. De fait, un développement incorrect de l’œsophage, du pancréas, du duodénum ou du système nerveux du fœtus augmente les possibilités de developper l’hydramnios.

D’autres altérations fœtales peuvent être :

  • Défaut de fermeture du tube neural.
  • Hydrocéphalie, holoprosencéphalie ou microcéphalie entre autres.
  • Troubles cardiaques associés à une incapacité valvulaire et à des arythmies entre autres.
  • Anomalies du système rénal.
  • Troubles du système respiratoire.
  • Dysplasie squelettique, achondroplasie et nanisme.
  • Anémie fœtale. Elle est due à une incompatibilité du Rhésus de l’enfant ou à une infection. Le traitement principal pour ce type d’affection suppose la pose d’une transfusion sanguine intra-utérine.

Dans la majorité des cas, ces altérations sont détectées avec des tests et des études spéciales découlant du polyhydramnios. Néanmoins, il est courant d’observer une grande quantité de liquide amniotique chez les fœtus de grande taille.

Grossesse multiple

Le risque d’excès de liquide amniotique augmente lors des grossesses gémellaires (monozygotes ou dizygotes). Ce risque est d’autant plus grand lorsque le syndrome transfuseur-transfusé fait son apparition.

Chez les jumeaux souffrant de cette condition, l’un des fœtus produit plus de sang que l’autre. En raison des connexions sanguines qui existent entre les deux, il y a une instabilité hémodynamique.

Les symptômes associés à l’hydramnios au cours de la grossesse

Les symptômes peuvent varier selon les femmes. Certaines ne présenteront d’ailleurs aucun symptômes. S’ils sont présents, ils peuvent s’accentuer en fonction de la sévérité du cas.

Quelques exemples de symptômes associés à l’hydramnios sont :

  • Croissance précipitée de l’utérus ce qui peut causer des difficultés respiratoires,
  • Mal-être abdominal aigu,
  • Contraction de l’utérus.

Il est important de garder à l’esprit le fait que beaucoup de ces symptômes peuvent être confondus avec d’autres pathologies. Pour cette raison et en cas de doute, il est important de consulter un médecin au plus tôt afin de favoriser un diagnostic juste et rapide.

consultation lors de la grossesse

Les risques de l’hydramnios

Les risques sont associés aux symptômes présents chez la mère. L’hydramnios peut également provoquer un accouchement prématuré, un décollement du placenta, un rupture des membranes, ou des problèmes au niveau du cordon ombilical entre autres.

Pour le bébé, les risques impliquent une faible croissance fœtale, une naissance par césarienne et parfois même le décès.

Dans la majorité des cas, le traitement de cette condition suppose de soulager les gênes de la mère et de trouver la cause du problème.

En résumé, le fait d’avoir un excès de liquide amniotique au cours de la grossesse peut être associé à des complications très sévères. Cependant, un contrôle fréquent peut réduire les possibilités de souffrir de cette condition et permettre de vivre une grossesse heureuse jusqu’à terme.