Le concept de la mort pour l’enfant : l’aider à l’accepter

· 23 novembre 2018
La mort est un concept qui peut s'avérer compliqué à comprendre, même pour les adultes. C'est pourquoi il est essentiel d'en parler à l'enfant et l'aider à l'accepter.

Lorsqu’un enfant découvre la mort très jeune, il comprend que la vie a une fin. Par conséquent, il éprouve de l’angoisse. C’est pour cette raison que le concept de la mort chez l’enfant doit être assimilé dès que possible.

À partir de ce moment, l’une des tâches les plus importantes de son développement sera savoir surmonter cette angoisse. Lui faire voir la réalité objective de la mort et modifier ladite expérience pour la simplifier.

Dans le cas contraire, des mythes sur l’immortalité naîtront et sa notion de la réalité s’en verra altérée.

Conseils pour informer l’enfant du décès d’un proche

Dans ces moments durs, il est important de savoir quelle méthode suivre pour communiquer la nouvelle à l’enfant.

  1. Promouvoir par-dessus tout la sécurité de l’enfant. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’un des piliers de la famille. Dans ce cas -surtout s’il s’agit d’un des parents, outre le fait d’expérimenter une profonde tristesse, l’enfant sera inquiet de ce qui pourrait arriver s’il venait à manquer l’autre pièce.
  2. On ne doit jamais lui mentir. Une forme très courante d’introduire le concept de la mort chez les enfants est d’utiliser une métaphore qui la compare à un voyage. Cela créera de fausses expériences que la personne décédée reviendra un jour. L’on ne doit pas non plus mettre en relation la mort avec les maladies. Cela évitera que l’enfant associe ces deux états et qu’il ait peur de mourir à chaque fois que lui ou ses proches tombent malades.
  3. Il faut laisser l’enfant exprimer sa peine. Durant l’enfance, ce sentiment s’extériorise à travers de colères et de crises. Il faudra ainsi rester calme, dialoguer et comprendre le mauvais moment qu’ils traversent.
  4. Il est nécessaire de toujours répondre aux questions de l’enfant. L’on doit éviter de changer de sujet pour faire tomber les tabous. Sinon, l’enfant pourrait penser que ses inquiétudes n’intéressent guère l’adulte.
  5. Il ne faut pas répondre avec des mensonges ou essayer de maquiller la vérité pour les protéger. Ayez simplement un soin particulier dans les mots que vous employez. Dialoguez longuement avec eux pour qu’ils puissent comprendre et l’intégrer. La vérité doit toujours être votre fer de lance. Ne dramatisez pas non plus pour ne pas le blesser. C’est une erreur de penser que les enfants ne sont pas prêts à affronter certaines situations.

    Un enfant au cimetière

Le deuil infantile : un pas devant la mort

Le deuil infantile dépend de nombreux facteurs comme l’âge et la relation avec la personne décédée. Mais également la cause et la durée de la maladie. À partir d’un certain âge, il est conseillé d’aller à l’hôpital pour dire au revoir à l’être aimé. Ses parents doivent savoir comment les préparer à ce qu’ils verront et à leurs réactions possibles.

« La première phase d’un deuil, selon Worden, est d’accepter la réalité de la perte. »

Pour parler avec les enfants de la mort d’un être aimé, le mieux est de le faire le plus tôt possible, à peine quelques heures après la nouvelle. L’on peut chercher un moment adéquat pour leur expliquer ce qu’il s’est passé d’une manière simple et sincère.

En outre, permettre que l’enfant participe aux obsèques peut être d’une grande aide. Il comprendra ainsi la mort et l’acceptera mieux dans le processus de deuil. Si les parents sont très touchés, il est préférable qu’un membre de la famille ou ami s’occupe d’eux pendant la cérémonie.

Nous insistons une fois de plus sur l’importance d’être physiquement et émotionnellement proche de l’enfant et de l’aider à s’exprimer. Il faut qu’il puisse raconter ce qu’il ressent ou se rappeler des bons moments vécus avec la personne décédée.

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Une mère console ses enfants

Études scientifiques sur le concept de la mort chez les enfants

Les études sur le concept de la mort chez les enfants sont particulièrement vagues. De plus, la plupart des recherches se trouvent dans des publications très anciennes.

Dans la psychologie évolutive, Jean Piaget souligne que l’enfant ne possède pas un vocabulaire ample ni une capacité de pensée abstraite. Cela s’avère être un obstacle pour que les adultes puissent comprendre comment ils vivent cela.

« La compréhension de la mort évolue selon l’âge. »
-Piaget-

Sigmund Freud, l’enfant ne se rend pas vraiment compte de ce qu’implique la mort. Ce dernier écrivit que la mort n’avait de grande importance dans le développement psychologique des enfants.

John Bowlby, quant à lui, a été le pionnier de la théorie de l’attachement. Celle-ci explique que les enfants de moins de dix ans n’ont pas peur de la mort. Cette peur apparaît ainsi plus tard et s’apprend avec le temps. Le début de ce sentiment est en lien avec le concept de séparation, selon Bowlby.

Enfin, en généralisant, les scientifiques s’accordent sur le fait qu’il existe une certaine omission quant à la mort. Pour Irvin D. Yalon, cela est dû à un processus de refoulement qui provient de la tendance universelle à nier la mort.

La mort n’est qu’une étape de nos vies qu’il ne faut pas craindre. Il faut essayer de l’assimiler le plus tôt possible pour pouvoir enseigner aux enfants le concept de la mort telle qu’elle est réellement : la fin inévitable de la vie.