Le cerveau flou pendant l’allaitement

9 janvier 2018
Si vous êtes une mère qui allaite, il est probable que vous vous sentiez de plus en plus distraite et tête en l'air, vous oubliez certainement vingt choses par jour et vous vous sentez même frustrée par tant de confusion.

Ce manque de concentration est souvent un effet secondaire de l’allaitement maternel. C’est parce que les hormones se manifestent et provoquent une effervescence dans notre cerveau, nous aveuglant et nous inondant de substances qui obnubilent notre raison.

Les mères peuvent s’inquiéter pour cette nébuleuse mentale, ce qui contribue à généraliser un état de nervosité qui peut jouer de mauvais tours. En outre, n’oublions pas que cette cascade hormonale est associée à un manque de sommeil et même à un manque de temps.

Qu’arrive-t-il au cerveau pendant cette période ?

Disons que cela se produit car les parties du cerveau qui s’occupent de la précision et de la concentration sont soucieuses de protéger et de suivre le nouveau-né pendant les six premiers mois.

Par conséquent, il est possible que la maman qui allaite ne soit pas capable d’articuler certains mots ou de suivre des conversations moyennement exigeantes intellectuellement. En d’autres termes, on perd de l’agilité et de l’acuité mentale. 

Pendant l'allaitement, les mères peuvent se sentir distraites et maladroites

Cependant, les bienfaits de l’allaitement l’emportent davantage sur le prix à payer. Les bébés sont des partenaires neurologiques parfaits et l’échange communicatif à travers l’allaitement génère une explosion de connections neuronales dans le cerveau maternel.

Le degré de réponse hormonale du cerveau dépend de la durée et de la fréquence des tétées. Ainsi, plus le bébé tète, plus grande sera l’explosion de substances comme la prolactine et l’ocytocine (hormones principalement responsables du renforcement du lien affectif).

Un simple regard, un simple geste ou un petit frôlement suffiront pour que surgisse l’idée de donner à manger au bébé, les seins commenceront à se réchauffer et le lait commencera à goutter. Pour l’enfant, cette récompense est immédiate, car non seulement il sera nourri mais il ressentira aussi l’amour et la nourriture que sa mère lui apporte.

Ces hormones de bien-être sont également transmises à l’enfant, qui libère à son tour de l’ocytocine, ce qui lui permet de se calmer et de se sentir plus à l’aise.

L'allaitement génère une libération d'hormones de bien-être tant chez la maman que chez le bébé

L’abstinence dans le sevrage

Les mères éprouvent souvent des symptômes d’abstinence quand elles sont séparées de leur progéniture. En ce sens, elles sont susceptibles de sentir de la peur, de l’anxiété et même de la panique.

Ces symptômes proviennent plus d’un état neurochimique que psychologique. Cela semble être une conséquence de la préparation subtile du cerveau pour perturber les niveaux hormonaux au cas où il se produit une séparation entre la mère et l’enfant.

Ce qui se passe, c’est que les niveaux d’ocytocine, responsable de la régulation du stress, chutent brusquement. Il ne faut pas oublier que cette hormone ne reste qu’environ 3 heures dans le sang.

L'abandon de l'allaitement doit se faire de manière progressive

Ainsi, quand le sevrage a lieu, les mères éprouvent ces mêmes symptômes. De plus, il arrive souvent souvent que l’abandon de l’allaitement coïncide avec la reprise du travail, ce qui affecte l’état psychologique de la mère.

Par conséquent, un état d’agitation et de stress est courant, car le flux d’ocytocine qui inondait le cerveau pendant l’allaitement est interrompu quasi brusquement.

De nombreuses mères atténuent cet état en retirant le lait maternel de leurs seins au travail chaque fois qu’elles le peuvent, parvenant ainsi à réduire l’habitude d’allaiter de manière plus progressive. Ensuite, elles allaitent leur enfant le weekend par exemple.

De cette façon, non seulement la production de lait est garantie, mais aussi le plaisir affectif et physiologique que l’allaitement maternel procure à la maman et au bébé.

Source bibliographique consultée : Le cerveau féminin de Louann Brizendine

 

 

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