L’étape du non : de quoi s’agit-il et comment y faire face ?

21 janvier 2020
Du jour au lendemain, votre enfant change radicalement de comportement et commence à s'opposer à tout. Il ne vous met pas au défi, il apprend à être lui-même et personne de mieux que vous ne peut le guider dans ce processus.

Du jour au lendemain, votre enfant, d’habitude doux et complaisant, qui coopérait avec un sourire, a commencé à refuser absolument tout. Il ne veut pas mettre ses chaussettes, il ne veut pas aller au lit, il ne veut pas se peigner. Cette situation vous semble familière ? Vous entrez probablement dans l’étape du non.

Il est possible que vous n’accordiez pas beaucoup de crédit au changement soudain et abrupt du comportement de votre enfant. Vous pouvez avoir l’impression qu’il veut juste vous désobéir, vous défier, qu’il se comporte mal. Cependant, si nous descendons à son niveau, nous pouvons voir ce qui se passe dans une perspective plus large.

L’étape du non

Vers l’âge de deux ans, les enfants subissent un certain nombre de changements cognitifs importants. Ils commencent à prendre conscience d’eux-mêmes en tant qu’êtres individuels, séparés de leur mère. Jusqu’à ce moment, leur perception était celle d’un tout, mais désormais ils sont capables de différencier leur propre existence, leurs propres désirs et opinions.

enfant boudeur

Cette découverte fascinante les amène à vouloir vivre dans leur environnement la nouvelle volonté qu’ils ont découverte. Ils veulent exprimer cette individualité et apprendre à l’utiliser, et le meilleur outil pour cela est l’opposition. Je différencie mes propres intérêts des vôtres, je mets l’accent sur ma propre existence individuelle. Je refuse, donc j’existe.

De cette façon, l’enfant commence à opposer systématiquement des refus. Il dit « non » quand il est en colère et veut exprimer son désaccord. Mais aussi quand il est fatigué, voire par habitude. A ce stade, il est susceptible de répondre « non » même à une offre qui lui est favorable. Il est encore en train d’apprendre à exercer sa volonté.

Quelle perspective adopter ?

Face à ce changement de comportement déconcertant, beaucoup de parents ne savent pas comment réagir. Ils interprètent le refus de leur enfant comme une contestation ou une manipulation. Ils pensent qu’il est devenu un enfant désobéissant et insensible, et que c’est un comportement qui doit être corrigé. Il est donc courant de perdre patience et d’entrer dans des conflits et des disputes avec l’enfant qui s’intensifient.

En ce sens, la réalité est que, malgré sa volonté nouvellement découverte, il n’a pas encore une capacité de raisonnement pleinement développée. Le petit ne veut pas vous déranger, ni vous défier. Il ne fait qu’essayer, il apprend à faire face au monde.

S’il ne tient pas compte du danger de ses actes ou des répercussions que ses refus ont sur vous, c’est tout simplement parce qu’il ne peut pas encore le faire. Jusqu’à un certain âge, la pensée des enfants est égocentrique et ils sont incapables de prendre en compte le point de vue des autres.

De plus, si nous y réfléchissons, nous pouvons voir que nous avons très probablement influencé leur acquisition du non. Combien de fois par jour dites-vous « non » à votre enfant ? Et combien de fois vous le dit-il ? Il est facile de comprendre pourquoi les enfants commencent à utiliser ce mot en raison du nombre énorme de fois qu’ils l’entendent.

fillette boudeuse

De plus, tout comme vous avez des raisons de refuser ce que votre enfant propose, il a ses propres raisons de le faire. Bien sûr, on ne peut pas céder à ses refus souvent farfelus, mais on peut adopter une attitude plus respectueuse et compréhensive.

Enfin, les enfants ne sont pas des automates ou des objets de notre propriété, ce sont de petites « personnes » avec leurs propres pensées et sentiments qui doivent être respectés de la même façon.

Comment gérer l’étape du non ?

  • Comprenez le processus cognitif que votre enfant traverse. Essayez de regarder de son point de vue et vous comprendrez qu’il ne vous met pas au défi, il apprend juste à vivre.
  • Essayez d’éduquer sans dire non. De cette façon, vous donnerez l’exemple d’autres façons plus constructives d’exprimer une opinion.
  • Soyez patient et essayez de ne pas perdre votre sang-froid face à l’opposition de votre enfant. Il vous faudra peut-être encore une demi-heure pour lui faire mettre ses chaussettes, mais il sera préférable pour le lien entre vous deux d’éviter les cris et les mauvaises manières.
  • Permettez à votre enfant de faire certains choix, afin qu’il puisse progressivement exercer sa volonté. Cependant, ne cédez pas à ce que vous pensez être important. Les limites et la cohérence sont essentielles au développement de l’enfant.
  • Souvenez-vous quel’étape du non passera et que tous les efforts d’amour et de respect que vous avez investis dans l’éducation porteront leurs fruits. Les conseils que vous donnez à votre enfant sur la façon de gérer ses opinions et ses émotions sont un héritage précieux.