L'effet Matthieu : origine, sens et utilisation

"On donnera à celui qui a, et il sera dans l'abondance, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a". C'est ce que l'on appelle l'effet Matthieu. Dans cet article, nous parlons de sa relation avec l'apprentissage.
L'effet Matthieu : origine, sens et utilisation

Dernière mise à jour : 24 novembre, 2020

Le terme “effet Matthieu” est utilisé depuis la moitié du XXème siècle en sociologie et en psychologie afin d’expliquer le fait que les personnes qui possèdent des bénéfices finissent par en obtenir davantage, et que celles qui en ont moins, sont moins susceptibles d’y avoir accès.

Au départ, ce concept ne concernait que l’accumulation de biens matériels, de richesse ou de gloire. Mais plus tard, ce terme a également été utilisé dans d’autres disciplines telles que l’éducation, la psychologie et l’économie.

Aujourd’hui, nous vous expliquons sur quoi repose cet effet et comment ces inégalités peuvent s’expliquer.

“Les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent”.

-Percy Shelley-

Un jeune garçon qui a des difficultés à travailler.

Quelle est l’origine de ce concept ?

Ce phénomène doit son nom au passage biblique de l’Evangile selon Saint Matthieu. Plus précisément au chapitre 13, verset 12, qui dit “à celui qui a on donnera, et il aura en abondance ; mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a”.

Il s’agit d’un concept qui fut utilisé pour expliquer la répartition des biens matériels ou immatériels, pourquoi ceux qui ont plus possèdent plus, ou l’inverse. Ce fut donc employé dans de nombreux domaines pour justifier la répartition inégale.

Par exemple, dans le domaine économique, il s’utilise comme paramètre de l’argent, de la richesse ou des biens matériels. Mais dans des domaines comme la psychologie et l’éducation, il fait référence à des valeurs comme la confiance, le prestige social, etc. Par conséquent, en fonction du domaine que l’on souhaite expliquer, différents paramètres de mesure seront étudiés.

Dans cet article, nous nous concentrons sur le domaine de la psychologie éducative afin d’expliquer l’effet Matthieu.

L’effet Matthieu dans la lecture

Le psychologue Keith Stanovich (1984) fut le premier à adopter ce concept pour expliquer les problèmes de lecture et d’écriture qu’il a observé lors de ses recherches. Les enfants qui possédaient de grandes habiletés en lecture dès le départ avaient plus d’avantages tout au long de leur vie par rapport à ceux qui n’avaient pas cette capacité.

Cela peut s’expliquer par le fait que les enfants qui ne savent pas lire ou qui présentent des difficultés pour la lecture ont des problèmes de motivation et de perte de confiance en soi. Par conséquent, ils lisent moins et finissent par se distancier de leurs pairs qui ont plus de facilités à lire. Car ces derniers lisent davantage et ont une plus grande motivation et confiance en eux.

A tout cela, il faut également ajouter le traitement différent des enseignants face aux enfants ayant des besoins éducatifs spéciauxEn effet, ils reçoivent moins de retours, on attend moins d’eux qu’ils s’améliorent ou on va moins leur rendre visite à leur table.

Comment inverser l’effet Matthieu ?

Pour renverser cet effet, à l’école, les enseignants ou professeurs doivent encourager et aider les enfants qui en ont le plus besoin. Les parents devraient faire de même à la maison. Comment ?

  • En leur consacrant du temps.
  • En les félicitant à chacune de leur réussite.
  • Leur accorder du temps lorsqu’ils doivent répondre à une question de l’enseignant.
  • Les motiver pour qu’ils se sentent plus en sécurité avec eux-mêmes et soient capables d’atteindre leurs objectifs.
  • Ne pas toujours leur dire ce qui ne va pas car ils n’auront pas envie de s’améliorer. Au contraire, nous devons renforcer ce qu’ils font de bien.
  • Ne pas faire de comparaisons entre les camarades de classe. Chacun est différent et possède un rythme d’apprentissage distinct.
  • Ne pas encourager la compétition entre les élèves ou les enfants.
Deux parents qui aident leur jeune fille à faire ses devoirs.

Grâce à cela, nous favorisons l’égalité des chances parmi tous les enfants. Nous encourageons également ceux qui n’ont pas encore acquis un certain apprentissage à le faire, afin de se sentir plus proche du reste des camarades.

A propos de l’effet Matthieu…

Vous en connaissez maintenant davantage sur l’effet Matthieu et l’importance d’éduquer des enfants à participer et non à rivaliser. Il appartient aux adultes de corriger ces inégalités qui se produisent parfois entre les enfants et qui sont toujours inculquées, pour le bien ou pour le mal.

Par conséquent, nous devons aider davantage celui qui en a le plus besoin ou qui en connaît le moins afin qu’il puisse atteindre ses objectifs et ses désirs. Si ces enfants ne reçoivent pas le soutien suffisant, ils peuvent effectivement finir par échouer.

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