Je suis la maman d’une petite fille qui n’aura pas besoin d’être sauvée par un prince

7 mars 2019
Lors de ces dernières années, nous avons vécu une étape dorée en ce qui concerne la revendication de l'égalité des genres et les droits des femmes.

En réalité, la maman d’aujourd’hui est convaincue d’une chose : de la nécessité d’éduquer sa petite fille en s’appuyant sur la liberté et le courage et de ne pas offrir au monde une petite princesse qui aura besoin d’être sauvée par un prince charmant.

Selon l’UNESCO, l’un des principaux objectifs de toute société est de promouvoir l’égalité des genres et non pas la discrimination envers les petites filles. Nous sommes tous, en général, d’accord avec ce principe qui constitue un but logique. Un but qui mérite qu’on y investisse des ressources, des efforts et une prise de conscience adéquate.

Pourquoi vouloir de pieds si j’ai déjà des ailes pour voler ?

-Frida Kahlo-

Cependant, une donnée nous échappe : il y a une petite -grande- nuance que nous ne percevons pas toujours et qui, sans que nous nous en rendions compte, entrave la personnalité et la façon de penser de nos petites filles.

S’il y a bien une chose que nous renforçons au quotidien, c’est la valeur du physique : nous faisons l’éloge de leurs robes, de leurs cheveux et nous leur rappelons, chaque jour, la nécessité d’être de bonnes petites filles, de bonnes sœurs, de bonnes petites amies, de bonnes femmes…

Or, derrière ces étiquettes classiques, nous ne faisons en réalité que diriger leurs priorités jusqu’à renforcer, presque sans le vouloir, le schéma patriarcal classique.

Changeons cela et commençons à développer, au quotidien, d’autres domaines, d’autres aspects qui leur permettent d’être elles-mêmes, d’être la personne qu’elles souhaitent et de faire ce que leur dicte leur cœur.

Éduquons-les en leur donnant des ailes et le courage suffisant pour qu’elles puissent se sauver elles-mêmes quand le moment viendra.

Ma petite fille n’aura pas peur des dragons

petite fille

Pour offrir au monde des personnes matures, libres et courageuses qui savent construire leur propre chemin, il n’y a rien de mieux que de leur offrir des stratégies adéquates pour qu’elles puissent gérer leurs peurs et leurs insécurités.

  • Chaque petite fille – de même que petit garçon – doit être capable d’affronter ses propres peurs avec notre aide, en rationalisant des idées et en contrôlant chaque jour un peu mieux ses émotions.
  • Pour éteindre des peurs, il est nécessaire de ne pas les « alimenter ». Ainsi, la dernière chose que nous devons faire avec nos petites filles est de développer leur dépendance par rapport à d’autres personnes. Papa ne doit pas regarder en-dessous du lit si elle a peur, maman ne parlera pas à sa place quand elle voudra demander quelque chose à voix haute mais ne le fera pas parce qu’elle est timide.
  • Dès leur plus jeune âge, nous les pousserons à faire face à ce qui les inquiète, à ces petites choses qui effrayent n’importe quel enfant, quel que soit leur sexe, et que parfois, des familles tolèrent plus parce que ce sont des petites filles.

Tu n’as pas besoin d’être une bonne petite fille, il suffit juste que tu sois toi-même

petite fille

Sois gentille, sois sage, ne dis rien, tais-toi, habille-toi bien, ne sois pas insolente, n’attire pas l’attention sur toi, fais la même chose que les autres, ne te démarque pas, ne sors pas de la file, du troupeau… Ces phrases et beaucoup d’autres, ces idées, ces ordres ont toujours accompagné les petites filles à travers toutes les générations.

« Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves »

-Eleanor Roosevelt-

Bien sûr, nous voulons que nos filles nous obéissent mais, au-delà de ce schéma d’éducation classique d’obéissance pure et dure, nous devons changer notre point de vue pour développer leurs capacités, leurs forces et leurs qualités.

  • Éduquez-la en faisant preuve de sensibilité, en connaissant ses besoins, ses goûts, ses passions.
  • Éduquez-la en vous basant sur un principe d’égalité ; n’ayez pas de préférence entre vos fils et vos filles.
  • Ne déterminez pas son chemin, ne façonnez pas son comportement pour qu’elle ressemble à la personne que vous voudriez qu’elle soit.
  • Ecoutez-la, offrez-lui de la sécurité et confiez-lui des responsabilités dès son plus jeune âge. Faites-lui voir qu’elle est capable de réaliser beaucoup de choses, qu’elle n’a pas besoin d’autres personnes pour l’aider. Démontrez-lui qu’en ayant confiance en elle et en croyant en ses capacités, elle pourra aller très loin.

L’auto-estime d’une petite fille ne se développe pas simplement en lui disant qu’elle est gentille

petite fille

Vous pouvez lui dire, bien sûr, il n’y a aucun problème à cela. Vous pouvez lui répéter tous les jours qu’elle est la petite fille la plus extraordinaire au monde, parce qu’elle l’est. Cependant, ne le faites pas, ne priorisez pas exclusivement cette approche.

Par exemple, quand des amis nous présentent leur fille, il est très habituel de dire quelque chose comme « qu’est-ce que tu es jolie, Laura, et quelle jolie robe tu portes… ». Petit à petit, Laura va s’habituer à ce renforcement positif basé sur son physique et ne basera son auto-estime que sur ce point. Ce n’est pas une chose adéquate. 

  • Demandez-lui ce qu’elle veut faire dans le futur et écoutez-la avec attention.
  • Demandez-lui quels livres elle aime lire ou aimerait découvrir.
  • Faites l’éloge de sa manière de s’exprimer, offrez-lui de la confiance pour qu’elle soit de plus en plus assertive. 
  • Rappelez-lui que vous êtes fier-e d’elle, telle qu’elle est, pour ce qu’elle fait, pour les bonnes choses qu’elle vous offre et pour sa façon d’apprendre, chaque jour, à être meilleure.

Pour conclure, votre petite fille est et sera toujours belle mais, pour vous, en tant que mère ou père, ce n’est pas le plus important. Vous voulez surtout qu’elle devienne une femme qui fait entendre sa voix, qui pense par elle-même et qui a des objectifs définis. Une femme qui sait se défendre et construire son chemin.

Une personne qui aime et est aimée, qui peut conquérir n’importe quelle chose se trouvant à sa portée. Elle peut devenir ce qu’elle souhaite et, non, elle n’aura pas besoin que le prince charmant vienne la sauver…