8 erreurs qui vous empêchent de vous connecter avec votre ado

Bien qu'ils gagnent en autonomie et en liberté, les adolescents ont besoin de se sentir soutenus par leurs références adultes au quotidien . Découvrez comment renouer avec eux.
8 erreurs qui vous empêchent de vous connecter avec votre ado

Dernière mise à jour : 30 mai, 2022

« Parfois, j’ai l’impression que ce n’est pas moi qui ai éduqué mon ado. Je ne comprends pas, nous ne nous comprenons pas. Il semble venir d’une autre planète. » Ce sont quelques-unes des expressions des parents qui viennent en consultation et qui déclarent ne pas s’entendre avec leurs enfants, alors que les choses se passaient bien auparavant.

À cet égard, il faut parfois retourner la question et se demander le rôle que jouent les parents pour que cette distance ou que ce désaccord se maintienne. Le but n’est pas de chercher un coupable mais de créer des ponts pour favoriser la communication familiale et faire avancer la relation.

Voulez-vous savoir quelles sont les erreurs les plus courantes commises par les adultes ? Alors, restez avec nous !

Découvrez quelles sont les erreurs qui vous empêchent de vous connecter avec votre ado

Dans les moments de réflexion et de repli sur soi, nous, les parents, sommes capables d’identifier certaines erreurs que nous commettons souvent et qui nuisent au lien avec nos ados. C’est la première étape pour changer de comportement et améliorer la relation que nous avions autrefois avec eux. Voyons de quoi il s’agit.

1. Comparer votre ado avec vous

C’est l’une des erreurs les plus fréquentes qui met une distance émotionnelle entre les adolescents et leurs parents.

Se mettre en position de supériorité et recourir à des phrases usées, comme « à mon époque… », « moi, à ton âge… », au lieu de promouvoir un comportement souhaité ou de faire appel à la réflexion, est un jugement moralisateur. Et cela bloque toute forme d’écoute et de partage.

adolescent qui ignore son père dans la rue
Les sermons et les comparaisons bloquent souvent l’initiative des ados de partager leurs sentiments, leurs pensées et leurs expériences. Essayez de donner un espace réel et accompagnez dans le respect de leur individualité.

2. Minimiser leurs émotions

« Ce n’est pas grave » est une expression que nous utilisons souvent dans le but d’atténuer des émotions difficiles ou d’aider notre enfant à faire face à une situation. Cependant, cela peut être invalidant et disqualifiant.

À l’adolescence, de nombreuses expériences sont vécues avec urgence et intensité, comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort. Pour cette raison, il est préférable d’essayer d’écouter pour savoir ce dont ils ont besoin et de comprendre ce qu’ils demandent. Dans le cas où il ne serait pas possible de le satisfaire, ne le jugeons pas et expliquons pourquoi.

Travailler sur l’intelligence émotionnelle avec les jeunes leur donne les moyens d’apprendre à affronter et à résoudre des situations adverses.

3. Ne pas s’intéresser à leurs affaires, passe-temps ou hobbies

Il est vrai qu’à l’adolescence, les jeunes peuvent avoir besoin d’espace et d’autonomie. En effet, ils apprennent à être eux-mêmes et à prendre leurs décisions.

Cependant, cela ne signifie pas qu’ils s’attendent à ce que nous ne nous intéressions pas à eux. Non seulement ils le font, mais ils s’attendent à ce que nous leur demandions comment ils vont, comment va leur vie et quels sont leurs projets. Bien sûr, il faut savoir respecter jusqu’où ils veulent partager.

4. Rendre publics des sujets privés

Par exemple, si votre enfant s’est confié à vous, il n’est pas respectueux de votre part de l’exposer devant la famille au déjeuner du dimanche. Pas même si vous pensez que c’est drôle ou « c’est terminé ». Ces attitudes détruisent la confiance.

5. Ne pas passer du temps avec notre ado

Il ne s’agit pas d’être disponible 24h/24 et 7j/7 mais de créer une sorte d’espace pour pouvoir parler et partager des moments avec votre enfant. Dans le même ordre d’idées, supposer qu’il va apprendre certaines choses par lui-même, qu’il y a des problèmes « qui se racontent en groupes » est une grosse erreur.

Il faut être proactif face à certaines problématiques, comme la sexualité, les relations interpersonnelles, les limites. En effet, nous devons être le premier filtre d’information.

6. Chercher à tout contrôler

L’adolescence, c’est la recherche de liberté et d’autonomie. C’est ce moment où on a davantage le droit de faire les choses seuls, par rapport à l’enfance. Cependant, nous, les adultes, ne facilitons pas toujours l’exploration libre car nous contrôlons à outrance, exigeons des explications et finissons par submerger nos ados.

mère embrasse son fils adolescent dans la cuisine à la maison
Il est important de pouvoir établir des accords sur les horaires et les sorties, mais il faut également « les laisser respirer ».

7. Éviter ou exagérer les démonstrations d’affection

C’est-à-dire passer de tout à rien. Faire irruption dans sa chambre pour couvrir votre adolescent de baisers lorsqu’il est avec ses amis est tout aussi mal avisé que d’établir une distance froide.

Les démonstrations d’affection, tout comme les éloges et la reconnaissance pour les choses qu’ils font bien, sont nécessaires. L’adolescence peut être vécue avec une certaine insécurité : leur faire savoir que nous sommes là et qu’ils ne sont pas seuls ou perdus est une manière de se connecter avec eux et de les accompagner.

8. Ne pas accepter que notre ado soit différent de nous

Après des années d’éducation, nous croyons peut-être que nous avons modelé nos fils et nos filles « à notre image ». Cependant, il faut accepter le fait que nous leur avons donné des ressources et des outils mais qu’ils agiront selon leur propre manière d’être, selon leur propre style.

C’est pourquoi, lorsque nous les persécutons et devenons très minutieux en leur faisant faire les choses à notre manière, nous les faisons se sentir critiqués, nous restreignons leur liberté et leur créativité. Il est important de les laisser faire et d’accepter que nous pouvons aussi apprendre quelque chose.

Retour aux fondamentaux : s’écouter

Il est vrai que personne ne vient avec un manuel sur la façon d’être un bon parent. Nul n’est exempt de faire des erreurs et de ne pas savoir quoi faire dans certaines circonstances. Pourtant, l’écoute, l’empathie et la communication sont des outils qui peuvent toujours aider, même pour chercher à trouver une solution ensemble.


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