7 clés pour rendre un enfant autiste heureux

Les enfants atteints de troubles du spectre autistique et leurs familles ont la capacité et le droit de mener une vie heureuse. Voici quelques facteurs qui contribuent à atteindre cet objectif.
7 clés pour rendre un enfant autiste heureux

Dernière mise à jour : 10 mai, 2022

Chaque 2 avril, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme est célébrée et cette année, la devise choisie contient un message puissant que nous devrions tous intérioriser. “A happy journey through life” nous invite à nous rappeler que les personnes atteintes de cette condition, ainsi que leurs familles, ont le potentiel et le droit de jouir d’une existence pleine. Pour cette raison, nous voulons aujourd’hui partager quelques clés pour rendre un enfant autiste plus heureux.

On estime qu’au moins un enfant sur 160 souffre d’un trouble du spectre autistique (TSA). Cependant, leurs qualités, leurs capacités et leurs besoins peuvent être très différents les uns des autres. Nous ne définirons pas maintenant les principaux signes cliniques de cette affection, mais nous retiendrons que les modes de communication et de comportement sont deux des domaines les plus touchés.

Avec les ressources et les soutiens nécessaires, personnalisés et suffisants, les enfants atteints de TSA peuvent s’épanouir dans une variété de domaines et mener une vie heureuse et significative, quel que soit leur niveau de fonctionnement. Ainsi, nous vous proposons quelques clés qui peuvent contribuer à augmenter leur bien-être.

Comment rendre un enfant autiste heureux?

Voici quelques domaines de base qui devraient être couverts pour assurer le bonheur de ces enfants.

1. Offrir un diagnostic et des soins précoces

Bien que les étiquettes limitent et stigmatisent parfois, dans d’autres cas, elles sont essentielles pour comprendre ce qui se passe et procéder de manière appropriée.

De nombreuses familles font un long pèlerinage dans les bureaux de divers spécialistes jusqu’à ce qu’elles parviennent au diagnostic de TSA chez leurs enfants. Y compris après avoir reçu d’autres diagnostics erronés ou incomplets. Le pire, c’est que des centaines de personnes autistes n’identifient ce qui leur arrive qu’à l’âge adulte.

Ce processus conduit non seulement à l’incompréhension et à la confusion, mais surtout, il prive les enfants d’une attention précoce susceptible de changer le cours de leur vie. La formation aux compétences sociales avant l’âge scolaire et l’éducation familiale sur l’autisme sont essentielles pour faire des progrès rapides et significatifs.

Pour cette raison, la première chose dont un enfant atteint de TSA a besoin est d’avoir accès à un diagnostic précoce et à une intervention opportune, personnalisée et de qualité.

2. Fournir un environnement sûr

Nous avons tous des mécanismes pour nous autoréguler lorsque l’anxiété ou des stimuli externes nous submergent. Par exemple, on se ronge les ongles ou on pince les lèvres.

Mais pour les enfants autistes, ces comportements d’autorégulation peuvent être évidents et inquiétants. Comme se cogner la tête, se gratter la peau ou d’autres comportements d’automutilation. Cependant, l’objectif est le même que dans l’exemple précédent.

Par conséquent, il est important que les espaces dans lesquels ces enfants vivent soient sûrs. Trouver la prévisibilité et le calme à la maison et à l’école les aide grandement à se sentir bien et à réduire les crises de colère et autres manifestations de leur état.

Des parents atteints de TSA avec leur fille atteinte du même trouble.

3. Rendre un enfant autiste heureux: Favoriser la communication

Pour rendre heureux un enfant autiste, il faut lui apprendre à communiquer. Peu importe que vous parliez couramment, prononciez à peine quelques mots ou pas du tout. Ce qui est vraiment pertinent, c’est qu’il puisse s’exprimer et faire des demandes par des gestes, des signes ou tout autre moyen.

Son environnement proche doit l’inviter à interagir fréquemment, à demander son avis et à écouter ses besoins. Et pour cela, l’intervention pour améliorer la communication doit être une constante. Ainsi, le mineur pourra s’habituer à chercher les autres et à pratiquer ses compétences en communication. Ce qui lui permettra d’avoir des avancées importantes dans sa vie et un plus grand bien-être.

Enfin, bien qu’il existe un mythe selon lequel les personnes autistes se retirent volontairement et par conviction, nous voulons et devons tous être acceptés et faire partie de notre environnement.

4. Favoriser leur apprentissage et le développement de l’autonomie

Une erreur fréquente que commettent généralement l’environnement proche de l’enfant et la société est de surprotéger les enfants autistes.

D’une certaine manière, dans l’imaginaire collectif, cette condition est encore considérée comme une maladie et non comme une manifestation de la diversité humaine. Dès lors, ces enfants sont considérés comme incapables et totalement dépendants du seul fait d’être porteurs du diagnostic de TSA.

Cependant, le mieux que nous puissions faire pour ces petits est de les aider à développer leur potentiel, car ils l’ont tous. Ils auront sûrement besoin d’aide, d’encadrement et de pratique, mais chaque apprentissage, chaque réalisation et chaque avancée seront extrêmement enrichissants.

Ainsi, les familles comme les écoles doivent mettre l’accent sur les apprentissages de la vie quotidienne : être capable de tartiner du beurre sur du pain ou d’aller dans un magasin pour acheter un produit sans l’aide de personne.

Ces petits détails augmentent l’estime de soi et le sentiment de valorisation chez les personnes et leur donnent une indépendance précieuse.

5. Les accepter et les comprendre

L’une des tâches les plus importantes à accomplir chez les enfants atteints de TSA est la reconnaissance de leurs droits. Et pour cela, il est nécessaire que les États travaillent activement sur la sensibilisation, la divulgation et la promotion de l’empathie de la société envers ces personnes.

Les personnes autistes vivent leur vie en portant un masque pour essayer de répondre aux demandes sociales. On pense à tort que le but est d’éliminer ou de camoufler les symptômes de leur état. Alors que le véritable défi est que chacun puisse être heureux d’être qui il est.

Pour atteindre cet objectif, nous devons comprendre la neurodiversité. Comprendre comment les personnes atteintes de TSA fonctionnent et voient la vie.

Les parents, les proches, les camarades de classe et toutes les personnes de l’environnement doivent recevoir des informations véridiques leur permettant de comprendre la réalité de ces enfants et non de les forcer à être ce qu’ils ne sont pas. Au contraire, acceptez-les et facilitez les conditions qui leur permettent de se sentir bien.

Une femme avec un enfant autiste heureux.

6. Rendre un enfant autiste heureux: Renforcer l’estime de soi et la confiance

Imaginez-vous grandir entouré de gens qui vous disent tout le temps que vous ne pouvez pas faire ceci ou cela, que vous n’aurez jamais une vie normale, que vous ne pourrez pas atteindre vos objectifs… C’est sans aucun doute l’antithèse du bonheur.

Par conséquent, l’un des plus grands cadeaux que nous puissions offrir à nos enfants autistes est la confiance, l’encouragement et la certitude qu’ils peuvent atteindre leurs objectifs et qu’ils peuvent grandir et avancer dans leur vie. C’est la graine qui fera germer leur propre confiance en soi et qui leur permettra d’afficher leurs qualités.

7. Les aider à avoir un but dans la vie

Enfin, et comme tout autre être humain, ces enfants ont besoin de grandir avec un but. C’est-à-dire savoir qu’ils sont utiles et précieux, sentir qu’ils appartiennent et qu’ils peuvent apporter quelque chose à leur environnement.

Nous pouvons atteindre cet objectif de multiples façons et avec de petits gestes au quotidien. Par exemple, en mettant de côté leurs limites apparentes et en les encourageant à contribuer, à participer et à apporter ce qui les rend uniques.

Rendre un enfant autiste heureux n’est pas une chimère

Comme vous pouvez le voir, ce dont un enfant autiste a besoin pour être heureux est très similaire à ce dont toute autre personne a besoin : amour, acceptation, respect et empathie. Ils sont également heureux de jouer avec leurs pairs, de regarder des films avec leurs parents ou de faire une sortie en famille. Et, bien sûr, ils apportent aussi de grandes doses de bonheur à ceux qui les entourent.

Le défi est de les comprendre et de pouvoir les accueillir, au lieu de les forcer à nous accueillir. Peut-être ont-ils besoin de routines prévisibles, d’aides pictographiques ou de supports de communication. Mais sans aucun doute, ils bénéficieront d’adaptations curriculaires et d’interventions personnalisées pour parvenir à une meilleure projection future.

Les enfants atteints de TSA et leurs familles ont le droit de mener une vie pleine et heureuse. Et pour cela, un travail social important et équitable doit être fait, offrant le soutien et les ressources dont les enfants et les adultes ont besoin.

Enfin, la sensibilisation, la formation familiale, les aides financières, les écoles spécialisées, les groupes de soutien ou encore l’accès à des interventions de qualité deviennent une maxime pour garantir le bien-être de tous.

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