Vygotski et la psychologie du jeu

· 5 mars 2019
Le jeu représente un élément central dans la vie des enfants, car il leur permet de développer de nombreuses capacités. Aussi bien de manière autonome que dans leur interaction avec les autres. Voyons ce que le célèbre psychologue Lev Vygotski a révélé à ce sujet.

Lev Vygotski était un psychologue russe qui fut le pionner de nombreux domaines dans sa spécialité. Il se démarquait essentiellement en psychologie du développement. Sur ce point, Vygotski a déclaré que le développement des individus n’est possible que par l’interaction sociale.

L’un des éléments clés dans ce domaine est le jeu, sur lequel il a proposé des théories novatrices.

Vygotski a fait valoir que le développement consiste en l’intériorisation d’outils culturels, comme le langage, précisément grâce à cette interaction avec d’autres êtres humains.

Un des concepts clés de la théorie de Vygotski est la zone proximale de développement (ZPD). Il s’agit de l’aide qu’une personne reçoit de la part des autres, qu’ils soient tuteurs ou parents, qui lui permet d’étendre ses possibilités de développement.

Ce qu’un enfant peut apprendre seul est différent de ce qu’il intègre à travers l’interaction. Cela est lié, entre autres, à la résolution de problèmes, l’interprétation de faits ou l’apprentissage de symboles. De plus, dans la relation avec les autres, il faut prendre en compte les facteurs socio-culturels.

Le jeu selon Vygotski

Vygotski a donné au jeu un rôle central jamais considéré auparavant comme promoteur du développement mental. Selon lui, les capacités de l’enfant peuvent être perfectionnées à travers des activités ludiques.

Le principal avantage du jeu est que l’enfant met ses compétences en pratique presque sans s’en rendre compte. Par ailleurs, comme il le fait de façon amusante, sans effort et consciemment, son investissement et sa fréquence sont bien plus importants que pour d’autres types d’exercices.

Vygotski définit la zone proximale de développement comme la distance entre le niveau de développement cognitif réel et la capacité acquise jusqu’alors de résoudre des problèmes sans l’aide des autres. Le degré de développement potentiel, ou la capacité de résoudre les problèmes avec les conseils d’un adulte ou d’autres enfants plus expérimentés.

Quelles sont ces compétences évoquées par le psychologue ? Voici ce qui ressort de ses arguments :

Le langage

Comme nous l’avons signalé auparavant, pour Vygotski, le langage oral et écrit étaient la base du développement de la personne. En effet, grâce au langage, il est possible de communiquer, et par conséquent de transmettre des connaissances qui permettent d’assimiler les aspects propres à une culture.

Un des concepts clés de la théorie de Vygotski est la zone proximale de développement.

La maîtrise de soi

Jouer ne signifie pas seulement s’amuser, cela implique également des obligations. En effet, la mission est que le jeu s’organise et que tous ses participants adoptent le rôle qui leur est attribué pour le réaliser de manière efficace.

Par exemple, lors d’une course de vitesse, les enfants sur la ligne de départ veulent partir le plus vite possible pour arriver les premiers. Toutefois, connaissant les règles de courses, ils savent qu’ils ne peuvent pas le faire avant que l’ordre soit donné.

Réaliser les désirs à travers l’imagination

Dans l’un de ses écrits, Vygotski évoquait l’exemple d’un enfant de trois ans qui désire monter à cheval. Comme il ne peut pas, à la place il prend un bâton et fait comme si c’était un cheval. Autrement dit, grâce au jeu, l’enfant matérialise de façon imaginaire une action impossible pour ses capacités.

A travers ce processus, l’enfant utilise l’image du cheval via un objet, qui est le bâton. Ainsi, la structure psychologique qui détermine sa relation avec la réalité commence à se transformer.

La vision du monde

Bien que nous les voyions comme de simples banalités imaginaires, les jouets et les rôles que les enfants investissent en eux les aident à façonner leur vision du monde. Lorsqu’ils jouent à faire les maîtres d’école, les ouvriers ou les policiers, les enfants prennent conscience petit à petit du rôle de chacun dans la société.

Par ailleurs, ils intègrent des notions comme la responsabilité, l’importance d’accomplir son devoir ainsi que les exigences que les autres attendent de soi-même. C’est un reflet clair de l’intérêt croissant de l’enfant pour les activités des adultes et pour le monde qui les entoure. Ils abandonnent alors leur caractère égocentrique, au moins partiellement.

Pour le psychologue Vygotski, le jeu constitue un outil fondamental pour le développement cognitif de l'enfant.

Mémoire et attention

Voici deux processus psychologiques fondamentaux, selon la classification propre de Vygotski. Par le biais du jeu, les enfants développent ces capacités.

Comme il s’agit d’une activité qui les attire, leur attention s’y concentre exclusivement. D’autre part, la mémoire est fondamentale pour se souvenir de ses éléments de base : règles, rôles, lieux ou tout autre composant nécessaire.

Les étapes du jeu selon Vygotski

Selon cet auteur, le jeu chez les enfants comprend deux étapes :

  1. Première étape (jusqu’à l’âge de trois ans) : les enfants jouent avec des objets en accord avec les significations que leur attribuent les adultes. Dans la seconde partie de cette période, ils apprennent à substituer symboliquement les fonctions de ces objets.
  2. Jeu « socio-dramatique » : à ce stade, les enfants représentent le monde des adultes et imaginent des rôles à l’intérieur de celui-ci.

Finalement, on peut conclure que pour Lev Vygotski, le jeu constitue un outil fondamental pour le développement cognitif de l’enfant.

Grâce au jeu, il construit de nouvelles connaissances, régule ses émotions et forge ses relations avec les autres. De même, le jeu permet à l’enfant d’élargir et d’exprimer la vision du monde qu’il habite.