Les risques du paracétamol pour le fœtus pendant la grossesse

28 janvier 2018
Pendant la grossesse, il est bien connu que les médicaments doivent être utilisés avec beaucoup de précaution, car ils peuvent provoquer des complications dans le développement du fœtus. Le paracétamol est l'un de ces médicaments qui ne sont pas limités. Toutefois, une étude récente a révélé que le paracétamol pendant la grossesse pouvait avoir un effet néfaste sur le développement du fœtus.

Ce nouveau travail a découvert que le paracétamol était fortement associé aux symptômes du trouble du spectre de l’autisme chez les garçons ainsi qu’aux symptômes de l’hyperactivité et de l’inattention chez les deux sexes. Cette découverte fut publiée dans la revue l’International Journal of Epidemiology.

Comme le verrez plus loin, le paracétamol n’est pas aussi inoffensif qu’il en a l’air et, même s’il ne semble pas interférer dans le développement du fœtus à petites doses, sa consommation constante peut avoir des conséquences importantes pour le fœtus.

Le paracétamol peut soulager les douleurs lombaires pendant la grossesse

L’exposition prénatale au paracétamol comporte des risques

Il s’agit de la première étude de ce type à rendre compte de l’association indépendante entre l’usage du paracétamol dans les symptômes de la grossesse et le spectre de l’autisme chez les enfants. C’est également le premier travail qui donne des informations sur les différents effets chez les garçons et les filles. En comparant régulièrement les enfants non exposés, l’étude a rencontré une augmentation de 30 pour cent du risque d’atteintes de certaines fonctions de l’attention, et une augmentation de deux symptômes cliniques des troubles du spectre de l’autisme chez les garçons.

Les chercheurs ont recruté 2644 couples de mères et d’enfants en Espagne. 88 pour cent ont été évalués à l’âge d’un an et 79,9 pour cent quand ils avaient cinq ans. Les mères ont été interrogées sur leur consommation de paracétamol pendant la grossesse ainsi que sur la fréquence de prise, occasionnelle ou persistante. Les doses exactes n’ont pas été prises en compte en raison de la difficulté générale pour se rappeler ces données.

43 % des enfants évalués à un an et 41 % de ceux évalués à cinq ans n’ont pas été exposés au paracétamol au cours des 32 premières semaines de grossesse. Lorsqu’ils sont testés à l’âge de cinq ans, les enfants exposés présentent un risque accru de symptômes d’hyperactivité ou d’impulsivité. Les enfants exposés de façon persistante ont montré une performance moindre lors d’un test informatisé qui mesurait l’inattention, l’impulsivité et la vitesse de traitement visuel. Les garçons montraient davantage de symptômes du spectre de l’autisme quand ils étaient souvent exposés au paracétamol.

La consommation de paracétamol pendant la grossesse pourrait nuire au développement neurologique du bébé

Le paracétamol et le développement neurologique

Selon les chercheurs, le paracétamol pourrait nuire au développement neurologique pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il soulage la douleur en agissant sur les récepteurs cannabinoïdes dans le cerveau. Etant donné que ces récepteurs aident normalement à déterminer comment les neurones se développent et se connectent entre eux, le paracétamol pourrait modifier ces processus importants.

Les enquêteurs expliquent également que le paracétamol peut aussi affecter le développement du système immunitaire, ou être directement toxique pour certains fœtus qui n’ont pas la même capacité qu’un adulte pour métaboliser ce médicament. Une autre façon dont le paracétamol peut altérer le développement du fœtus est de créer un stress oxydant. Celui-ci est causé par un déséquilibre entre la production d’espèces réactives de l’oxygène et la capacité d’un système biologique à décoder rapidement les réactifs intermédiaires ou à réparer les dommages qui en résultent.

L’abus du paracétamol pendant la grossesse pourrait également expliquer pourquoi les garçons sont plus susceptibles d’avoir des symptômes du spectre de l’autisme. Tel que l’expliquent les chercheurs, le cerveau masculin peut être plus vulnérable aux influences nocives au début de la vie. Les résultats de l’étude laisse entendre que le sexe influence sur les différentes perturbations des endocrines androgènes, auxquelles les cerveaux masculins pourraient être plus sensibles, ce qui pourrait expliquer ce rapprochement.

L’étude a conclu que l’exposition généralisée au paracétamol dans l’utérus pourrait augmenter le nombre d’enfants avec les symptômes du TDAH ou du trouble du spectre de l’autisme. Cependant, ils ont noté également que les études devraient être réalisées avec des mesures de dosage plus précises, et que les risques et les avantages de la consommation du paracétamol durant la grossesse et les premières années de la vie devraient être évalués avant de recommander un traitement.

 

 

 

 

A découvrir aussi