Qu’est-ce qu’une grossesse molaire ?

8 juin 2018
Les grossesses molaires peuvent compliquer la situation de la femme enceinte. L'action du professionnel est essentielle pour diagnostiquer et évaluer les mesures à prendre. Comment se produisent ces types de grossesses?

Les grossesses molaires sont des déformations de gestation qui n’atteignent pas le terme final du processus. Elles se produisent lorsque le produit de la fécondation devient une masse. Celle-ci se présente sous la forme d’un groupe de kystes qui se développe rapidement.

D’un point de vue technique, les trophoblastes, les cellules qui forment le placenta, se reproduisent de façon incontrôlable. Puis, elles forment ce qu’on appelle une môle hydatiforme.

Ces grossesses atypiques peuvent être complètes ou partielles:

  • On dit qu’elle est complète si la masse constituée ne contient pas de formation embryonnaire.
  • Elle est partielle quand, en plus de la grappe de kystes, on trouve un embryon.
  • On peut également observer que des jumeaux partagent leur espace avec la molaire.

Ce type de grossesse se produit généralement à cause d’erreurs de nature génétique. Dans le cas d’une grossesse molaire complète, un ou deux spermatozoïdes fécondent un ovule vide. Alors, la contribution génétique provient entièrement du père.

Dans le cas d’une molaire partielle, il y a aussi du matériel génétique de la mère. Cependant, celui du père est dupliqué. Le résultat final est un embryon avec 69 chromosomes au lieu de ce qui est considéré comme normal, soit 46.

Dans les grossesses molaires partielles, malheureusement, les embryons ne se développeront pas. En effet, ils ne surmonteront pas l’excroissance anormale. À quelle fréquence ces types de situations se produisent-elles? Approximativement, entre 0,5 et 1 cas pour 1000 grossesses.

Les facteurs de risque de présenter une grossesse molaire

Les facteurs suivants sont considérés comme des facteurs de risque :

  • Une grossesse chez les femmes de plus de 40 ans. Les grossesses dans cette tranche d’âge ont montré une incidence plus élevée de môles hydatidiformes.
  • Avoir déjà eu une grossesse molaire
  • Les femmes enceintes qui ont subi un avortement spontané.
  • Les carences nutritionnelles telles que le manque de protéines dans l’alimentation. Aussi, le manque de carotène (vitamine A).
  • Les traitements de fertilité assistée.
Les nausées et les vomissements peuvent être un symptôme de grossesse molaire.

Comment détecter la grossesse molaires et ses symptômes ?

En général, la femme enceinte ressentira des signes typiques de grossesse. On pense, par exemple, à l’aménorrhée, la nausée et la croissance abdominale. Les symptômes qui ne correspondent pas à une grossesse saine commencent généralement à apparaître et révèlent la nécessité d’un contrôle et d’un diagnostic.

Certains de ces signes sont :

  • La perte de sang à travers le vagin ou de tissu sous forme de grappe.
  • Des nausées et vomissements.
  • Une pression artérielle élevée.
  • Le gonflement des membres inférieurs.
  • De l’anémie.
  • Des kystes ovariens.
  • Un très grand ou très petit utérus.
  • Un manque d’activité fœtale. C’est à dire, peu ou pas de mouvement dans le sac utérin, ni de rythme cardiaque.

De toute façon, le spécialiste aura la possibilité d’exiger une recherche analytique pour des niveaux élevés de l’hormone de grossesse (hCG). En effectuant une analyse pelvienne et une échographie, vous pouvez détecter la taille anormale de l’utérus et la formation de grappes et d’un embryon.

« Les grossesses molaires se produisent généralement à cause d’erreurs de nature génétique ».

Comment traiter médicalement les grossesses molaires ?

Les grossesses molaires conduisent souvent à des avortements spontanés. Pour éviter cela, il faut les retirer à travers une chirurgie, un retrait ambulatoire (curetage) ou avec des médicaments. Dans tous les cas, ce sont des grossesses qui n’ont pas d’embryon. Ou si elles en ont, ceux-ci n’ont aucune chance de survivre.

Après avoir retiré les tissus molaires, c’est possible qu’il en reste des traces, avec le risque qu’ils se reproduisent à nouveau. Cette prolifération de tissu anormal produit une néoplasie trophoblastique gestationnelle persistante. Cette situation se produit dans 15 à 20% des molaires complètes et de 5% des molaires partielles.

« Les grossesses molaires conduisent généralement à des avortements spontanés. Pour l’éviter, il  faut les retirer à travers une chirurgie, un retrait ambulatoire (curetage) ou avec des médicaments »

Les complications possibles des grossesses molaires

 La situation causée par les grossesses molaires peut être se compliquer :

  • Face aux complications possibles de ces grossesses atypiques, un diagnostic opportun permettra de conserver la santé reproductive. Cela augmentera aussi les possibilités d’une future grossesse normale.
  • D’une part, la môle est capable de pénétrer profondément dans le tissu utérin, provoquant des douleurs et des saignements avec des pertes vaginales.
Dans une grossesse molaire, le fœtus ne se développe pas.
  • D’autre part, lorsque la néoplasie trophoblastique gestationnelle apparaît, il y a de fortes chances de développer un choriocarcinome destructeur, un type de cancer. Ce dernier se combat avec la chimiothérapie. Et, en fonction de sa gravité, il peut être nécessaire d’effectuer une hystérectomie.
  • La prééclampsie est une autre possibilité, si le produit de la molaire commence à augmenter la pression artérielle.
  • Une autre complication rare est l’affection de la glande thyroïde. 

Que faire après une grossesse molaire ?

Une femme qui a vécu cette grossesse ratée est capable de retomber enceinte si le diagnostic et le traitement étaient opportuns. Et ce, toujours sous surveillance médicale.

En général, l’obstétricien recommandera d’attendre un an, au cours duquel il faudra vérifier qu’il n’y a pas de restes de la môle pour préserver la santé de l’appareil reproducteur.

 

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