Pourquoi les adolescents aiment-ils les films d'horreur ?

Les films d'horreur sont ceux que choisissent les adolescents : la recherche d'adrénaline et la socialisation en groupe sont parmi les principales causes de cette préférence.

Dernière mise à jour : 25 juin, 2022

Soirée pyjamas ou rencontres entre amis, le plan est pizza, snacks, glaces et films d’horreur. Celui qui couvre ses yeux dans la scène la plus effrayante perd. Nous avons tous une de ces nuits à raconter, car il semble qu’en marge de l’adolescence, ce programme se retrouve partout dans le monde. Cependant, pourquoi alors que nous évitons ce qui nous fait peur tous les jours, le cherchons-nous dans les films? Si vous souhaitez savoir pourquoi les adolescents aiment les films d’horreur, cet article est pour vous.

Pourquoi les adolescents choisissent-ils des films d’horreur ?

L’adolescence est peut-être cette période de plus grande consommation de films d’horreur. Mais cela ne signifie pas que ce genre n’est pas apprécié à d’autres âges. Voici donc certaines des raisons que la science postule à propos de ces préférences effrayantes.

Variables relatives à l’adolescence

Des adolescents au cinéma.

Certaines recherches relient les caractéristiques de l’adolescence aux films d’horreur. Il est postulé que les adolescents recherchent des expériences intenses qui les interpellent.

Lorsque nous regardons des films d’horreur, cette émotion primaire et primitive est activée, ce qui prédispose notre corps à fuir pour survivre. Par conséquent, il augmente ensuite la libération d’adrénaline dans le sang.

À leur tour, dans la recherche de l’identité, les adolescents essaient de se remettre en question et de déterminer jusqu’où ils peuvent tolérer. C’est une autre façon de signaler le passage de l’enfance à l’âge adulte, quelque chose qui est très important pour eux. Après tout, depuis qu’ils sont petits, ils ont attendu ce moment de “grandir” pour pouvoir profiter du genre d’horreur au cinéma.

D’autre part, on suppose que les films d’horreur favorisent la socialisation de groupe. Car lorsqu’ils finissent, les adolescents échangent des expériences, partagent des rires sur les peurs et les réactions.

Variables présentes à tous les âges, y compris l’adolescence

Certaines études documentent que la préférence pour les films d’horreur est liée à la sensation ultérieure qu’ils génèrent : expérience agréable, soulagement et bien-être.

Les films d’horreur ont différentes ressources (son, apparitions soudaines, effets de lumière) qui créent une atmosphère intense et tiennent les spectateurs en haleine. Puis, lorsque le film se termine, le stress disparaît et laisse place à la jouissance du calme.

Enfin, il existe également des recherches qui se concentrent sur la réponse au genre à partir des caractéristiques de personnalité de chacun. Par exemple, le professeur Marvin Zuckerman de l’Université du Delaware a suggéré qu’il existe des personnes plus orientées vers la recherche de sensations intenses, pour lesquelles elles sont intéressées à entrer en contact avec certaines expériences excitantes.

De cette manière, la variable de personnalité peut également être associée au choix des adolescents pour les films d’horreur.

Comme nous pouvons le voir, la psychologie peut nous guider sur différentes questions. Cependant, il y aura toujours divers facteurs impliqués dans les choix.

Les films d’horreur comme ressource éducative

Les films peuvent être l’occasion pour les familles de travailler sur la gestion des émotions. Par exemple, si nous regardons un film d’horreur avec des adolescents, nous pouvons en profiter pour les inviter à commenter ce qu’ils ressentent, pourquoi une certaine situation les a fait ressentir cela ou comment ils ont géré la peur.

De cette façon, les adolescents explorent leurs émotions et parviennent à trouver des moyens de gérer leurs peurs et leurs préoccupations. Mettez en valeur le côté positif de la peur et évitez qu’elle ne soit perçue uniquement comme une émotion négative.

Par ailleurs, regarder des films d’horreur est une occasion d’apprendre à se connaître. Puisque cela confronte les adolescents à certaines de leurs situations redoutées, souvent réservées en privé.

En revanche, une autre des problématiques sur laquelle on peut aussi travailler est l’empathie. En effet, ce type de film génère une certaine identification à certains personnages et un rejet des autres.

Fille avec pluviophobie terrifiée par la pluie à travers la fenêtre.

Quelques lignes directrices sur les films d’horreur

Enfin, il est bon que les parents soient conscients des films effrayants que regardent les adolescents. Car certains d’entre eux présentent des scènes sanglantes, de la violence sexiste, des rencontres sexuelles, la consommation de substances, entre autres. Si ces sujets n’ont pas été abordés à la maison, ils peuvent ne pas être appropriés pour eux seuls.

En ce sens, les films d’horreur peuvent être une bonne occasion de parler avec les enfants de certains sujets. Puis de souligner certaines valeurs ou certains comportements souhaités. Par exemple, ne pénalisez pas les relations sexuelles ou ne les pointez pas du doigt comme quelque chose de négatif. Mais donnez plutôt aux enfants les repères appropriés en termes de soin et de respect de soi et de l’autre.

Il est également conseillé de confirmer qu’il n’y a pas de problèmes non traités après le film. Car cela peut déclencher une certaine inquiétude, peur ou phobie et se manifester par des insomnies ou des cauchemars, des crises de panique ou de l’anxiété.

Cela pourrait vous intéresser ...
Le problème de l’amour romantique dans les couples adolescents
Être parents
Lisez-le dans Être parents
Le problème de l’amour romantique dans les couples adolescents

L'amour romantique est un idéal généralement bien intégré par les adolescents, mais il peut parfois être dommageable pour leur développement émotio...



  • Perez, V., García, A. (2005). Análisis funcional de las estrategias psicológicas de terror en el cine. Estudios de Psicología, 26 (2), 237-245.
  • Andrade, Eduardo B. and Cohen, Joel, On the Consumption of Negative Feelings. Journal of Consumer Research, October 2007, Available at SSRN: https://ssrn.com/abstract=892028
  • Spielberg, J. M., Olino, T. M., Forbes, E. E., & Dahl, R. E. (2014). Exciting fear in adolescence: does pubertal development alter threat processing?. Developmental cognitive neuroscience8, 86–95. https://doi.org/10.1016/j.dcn.2014.01.004