Lettre à mon père, cet homme qui m’a donné la vie mais ne m’a jamais aimée

· 12 janvier 2018
Comment s'appelle ton papa ? C'est la question que je redoute tant et que l'on me pose continuellement depuis des années. Je ne l'ai jamais connu et je n'ai jamais su pourquoi il m'a abandonnée. Dans cette lettre, je préfère montrer que je ne ressens aucune rancœur.

Lettre à mon père

Je ne sais pas comment m’adresser à toi car je ne te connais pas et je ne connais pas non plus ton nom. Je ne vais rien te reprocher, ne t’en fais pas. Avec cette lettre à mon père que je n’ai jamais connu, je ne veux dire qu’une seule chose, au cas où tu la lirais: je te pardonne.

Je te pardonne de ne jamais avoir été à mes côtés, de m’avoir abandonnée sans la moindre explication. Je veux que tu saches que la douleur causée par l’absence de mon père m’a aidée à devenir une femme forte et à surmonter des situations difficiles sans l’aide de personne. 

« Papa, tu m’as beaucoup manqué dans ma vie. Toutes ces années ont été dures en ton absence. Je veux que tu saches que je t’aimerai toujours, que je n’oublie pas mais que je te pardonne. Au final, les bons souvenirs sont de vrais trésors. »

-Anonyme-

Je te pardonne car même si le vide laissé par un père est difficilement remplaçable, il m’a aidée à aimer les gens qui l’ont comblé. Mon grand-père, ma grand-mère et, bien sûr, Maman, qui m’a accompagnée à chaque instant.

Elle a rapidement pris ta place pour élever ses enfants toute seule, pour m’accompagner lors de mes spectacles à l’école, pour travailler sans relâche et faire en sorte que sa famille aille bien. Oui, je te remercie profondément car Maman a été la personne qui a tout fait par elle-même. Et de manière irréprochable. 

fille et sa mère

Elle a des photos et des souvenirs de mon enfance dans lesquels tu n’as jamais été présent. Elle a toujours été là pour tout et elle est fière de moi, pour tous les souvenirs que j’ai créés. Avec elle, j’ai appris ce qu’était le véritable amour.

Je te pardonne aussi parce que Grand-père a pris ta place en tant que père. Il a été les deux à la fois. Il avait déjà été père mais cela n’avait pas été qu’un nom. Il l’avait prouvé par des actions. Grand-père m’a appris à ne pas ressentir de rancœur et à savoir pardonner, car la rancœur ne fait que détruire une personne et ne l’aide pas à grandir.

Il m’a appris que ce n’est pas parce que je n’ai pas de père que tout est perdu. Il m’a aidée et m’a soutenue afin que je grandisse et devienne une femme forte et sûre d’elle. Il m’a aussi montré ce que signifiait être heureuse, même si toi tu n’étais pas là. Et il y a une chose qu’il n’a jamais faite, dont je lui serai éternellement reconnaissante: me parler de toi en de mauvais termes. Il m’a appris à ne pas souffrir, que ce soit pour une situation ou pour une personne, et à être reconnaissante pour toutes les choses que j’ai autour de moi.

Lettre à mon père

Je ne te reproche rien car Grand-mère m’a aidé à respecter les autres et à être une femme fidèle pour que les gens me respectent. À ne pas mentir pour que les autres ne me mentent pas. Si elle devait me punir pour que je retienne la leçon, elle le faisait.

Ainsi, avec cette lettre à mon père qui n’a jamais été à mes côtés, je veux dire que je n’ai jamais eu besoin de toi pour grandir, pour suivre le chemin de ma vie, pour aller à l’école, pour passer mon Bac et pour aller à l’université. Et pour bien savoir choisir le père que je veux pour mes enfants.

Le fait d’être seule, sans toi, m’a poussée à partir en quête de succès et à surmonter n’importe quelle situation. Quand je regarde autour de moi, je vois que j’ai pu créer ma propre famille et que les personnes qui y sont entrées ont pu remplir le vide que tu as laissé.

« Je ne pouvais pas être emplie de haine et être jolie. Comme n’importe quelle petite fille, je voulais être belle. Mais j’étais pleine de haine »

-Alice Sebold-

Ton absence m’a appris que la haine n’apporte jamais de bons résultats. C’est comme cela que j’ai pu apprendre, petit à petit, à pardonner. J’ai appris à te pardonner.

Lettre à mon père, cet homme qui m’a donné la vie mais ne m’a jamais aimée.