La relation entre frères et soeurs à l’adolescence

9 avril 2019
L'adolescence est une étape compliquée qui peut comporter des conséquences dans la relation entre frères et soeurs.

L’influence des frères et sœurs à l’adolescence est évidente. En effet, il s’agit d’une période de bouleversements. A ce stade, la famille passe au second plan tandis que le groupe social devient le point de référence le plus important.

Pour cette raison, il est assez courant que la relation entre frères et soeurs se détériore. Celui qui représentait votre compagnon de vie peut devenir à présent une nuisance ou un parfait inconnu.

En tant que parents, nous pouvons donc conclure que la relation que nous avons aidé à construire entre frères et sœurs influencera leur lien tout au long de cette phase.

Un frère est une personne avec qui l’on grandit, qu’on a vu naître voire même que l’on a aidé à éduquer. C’est pourquoi, les parents répètent à leurs enfants que les frères et soeurs doivent être les meilleurs amis. Qu’ils seront ensemble le reste de leurs vies et que leur amour sera inconditionnel.

« La simple coïncidence de partager des gènes, une maison ou des parents, n’entraîne pas forcément le miracle d’établir une relation indestructible. »

Qu’est-ce qui influence la relation entre frères et soeurs à l’adolescence ?

  • Le caractère de chaque enfant aidera ou empêchera la construction d’une bonne relation.
  • La différence d’âge entre frères et soeurs. Plus il y a de différences, moins il existe d’expériences partagées et donc moins de lien.
  • L’éducation et le traitement -subjectif ou non- reçu par les parents. Si l’adolescent a eu l’impression que son frère a bénéficié d’un traitement de faveur, il pourra éprouver un certain ressentiment. Cela peut se traduire par une relation marquée par la rivalité.
  • Les intérêts des deux. Plus les frères et soeurs partagent les mêmes passions et intérêts, plus ils sont susceptibles d’établir une bonne relation entre eux.
L'adolescence est une étape compliquée qui peut comporter des conséquences dans la relation entre frères et soeurs.

Adolescence et maturation du cerveau

« L’adolescence est semblable à une maladie dégénérative »

-Salvador Martinez, directeur de l’Institut de Neurosciences d’Alicante-

Durant cette étape, se produit ce que l’on appelle également un élagage synaptiqueDe 12 à 20 ans, environ, le cerveau est en plein processus de maturation. Ce processus est marqué par la perfection des capacités cognitives et de l’autorégulation. Ainsi, l’apprentissage par l’expérience personnelle devient nécessaire.

Pour ce faire, le cerveau subit des changements morphologiques et fonctionnels à travers la destruction, la création et la réorganisation des connexions neuronales.

En recherche d’une propre identité

A la restructuration cérébrale qui a lieu à l’adolescence, il faut ajouter :

  • Les bouleversements hormonaux et physiques.
  • L’influence que le contexte social peut avoir sur la puberté.
  • La recherche de sens et d’identité.
  • L’exposition à de nouvelles situations sociales qui doivent être résolues par soi-même.

Toute cette confluence de facteurs donne lieu à des changements émotionnels, parfois difficiles à comprendre et à gérer. Aussi bien pour l’adolescent que pour son entourage le plus proche.

Sans aucun doute, cela peut conduire à une prise de distance irrémédiable avec la famille et, par conséquent, à un changement dans la relation entre frères et sœurs.

Celui ou celle qui a toujours été son complice et son compagnon de jeux peut devenir un élément de stress, capable de provoquer sa colère, sa moquerie ou son indifférence. Cela fera prendre conscience à l’autre frère (normalement à un stade évolutif inférieur) l’absence de son référent, exprimant ainsi une tristesse et un découragement.

Comment aider à établir une bonne relation entre frères et soeurs à l’adolescence ?

La meilleure recette pour parvenir à une bonne relation entre frères et soeurs à l’adolescence commence dès la naissance. En effet, nous devons nous assurer d’adopter un mode éducatif démocratique et respectueux, sans faire de distinction entre frères et sœurs. 

Les enfants participeront donc, dans la mesure du possible, aux décisions qui les concernent.

Une fois cette base établie, voici quelques conseils supplémentaires que nous pouvons appliquer :

  • Encourager l’adolescent à partager du temps avec son frère ou sa sœur. Tant que cela n’a pas d’effets négatifs sur ses propres activités, il peut l’accompagner à certaines activités extrascolaires ou s’occuper de lui quand les parents ne sont pas là.
  • Faire prendre conscience à notre jeune de ce qu’il représente pour son petit frère. Et bien avant tout, nous éviterons qu’il se sente comme un rival et encouragerons l’union fraternelle.
  • Rappeler à l’adolescent que de minuscules changements dans le traitement envers son petit frère ou sa petite sœur pourront améliorer la relation entre les deux.
La meilleure recette pour parvenir à une bonne relation entre frères et soeurs à l'adolescence commence dès la naissance.

  • Ne pas faire de comparaisons entre frères et soeursL’essentiel est de ne pas accorder de traitement préférentiel à l’un ou à l’autre.
  • Apprendre à résoudre les problèmes. En effet, les parents doivent être disponibles pour les demandes de leurs enfants et respecter leurs choix. Néanmoins, il ne faut pas oublier de fixer des limites dès que cela est nécessaire.
  • Expliquer à chaque enfant ce que signifie l’adolescence : le passage de l’enfance à l’âge adulte, et ce que cela implique.