Éduquer sans dire « non » mais avec des limites

25 novembre 2019
Éduquer, c'est aussi mettre des limites pour que les enfants apprennent à tolérer la frustration. Il y a différentes façons de les éduquer sans dire "non".

Quand vous entendez probablement pour la première fois la proposition d’éduquer sans dire « non« , vous pensez que c’est un peu fou et pas très réaliste car il semble qu’il s’agisse d’une proposition d’éducation sans limites. Les enfants ont besoin de discipline, et s’ils ne l’ont pas, ils peuvent devenir des tyrans. Cependant, enlever le « non » de notre vocabulaire ne signifie pas être permissif ou supprimer les limites. Cela correspond à une approche différente de l’éducation des enfants.

Souvent, nous réagissons par réaction pour stopper les impulsions inadaptées de nos enfants et refuser leurs demandes inappropriées. Parfois un « non » retentissant est nécessaire. Cependant, il y a de nombreuses situations (en réalité la plupart d’entre elles) où nous pouvons réorienter leur comportement sans avoir à utiliser ce mot à nouveau.

Pourquoi est-il important d’éduquer avec des limites mais sans dire « non » ?

Le mot perd son sens

Par habitude, nous avons, en effet, tendance à dire « non » aux jeunes enfants dans de nombreuses situations de la vie quotidienne. Avec un « non« , nous transmettons un message clair et direct et espérons obtenir une réaction immédiate. Cependant, lorsque nous abusons de ce mot, il n’a plus de sens. En effet, les enfants s’habituent à l’entendre et cessent d’y prêter attention.

enfant qui parle avec sa mère

Ce n’est plus un nouveau stimulus pour eux. C’est parfois même l’un des mots qu’ils entendent le plus souvent dans la journée. De cette façon, ils commencent à l’ignorer. Il convient de réserver cette expression aux situations spécifiques et urgentes dans lesquelles nous avons réellement besoin d’un changement de comportement immédiat.

Si l’enfant agit de manière dangereuse ou nuisible, il faut l’arrêter. En effet, dans ce cas, un « non » ferme et constant est ce dont nous avons besoin. Par contre, d’autres types de situations n’exigent pas une réaction aussi rapide. Ce qui permet de recourir à d’autres types de techniques éducatives pour mettre des limites à nos enfants.

Expliquer avant de sanctionner

Une autre chose essentielle que nous devons garder à l’esprit est que le but de l’éducation est d’apprendre aux enfants à être autonomes. Il s’agit de leur donner les valeurs, les connaissances et les outils dont ils ont besoin pour se débrouiller seuls. Éduquer consiste donc en grande partie à leur expliquer le monde, et par conséquent à mettre des limites.

Un simple « non » ne donne pas beaucoup d’information à l’enfant sur ce qu’il se passe. Il ne leur dit pas pourquoi leur comportement est mauvais. Quelles en sont les conséquences ou ce qu’on attend d’eux.

Si nous mettons en œuvre d’autres types de stratégies éducatives, nous pouvons partager avec l’enfant des connaissances qui lui seront beaucoup plus utiles. Pourquoi ne pas le faire, quelles sont les conséquences négatives de ce comportement et comment devrait-il se comporter autrement dans une situation similaire ?

De cette façon, un lien plus fort et plus sain est établi entre l’enfant et l’adulte. La confiance se crée entre eux. En effet, nous transmettons à l’enfant l’idée que nous sommes à ses côtés pour le guider. Et pas seulement pour réprimer ses impulsions. Se sentant respecté, il est plus facile pour l’enfant de coopérer et de montrer moins de résistance et de comportements perturbateurs.

Comment éduquer sans dire « non » tout en mettant des limites ?

  1. Tout d’abord, identifier les comportements qui exigent un « non » ferme et retentissant et ceux qui laissent la place à l’utilisation d’autres types de stratégies.
  2. Partagez à l’avance avec l’enfant les règles que nous allons appliquer. Par exemple, si l’une des règles est d’utiliser les jeux vidéo seulement pendant une heure. Il est préférable de lui expliquer cela avant de commencer à jouer. une mère qui met des limites et son enfant énervé
  3. Exposer les conséquences naturelles de chaque comportement. Si l’enfant frappe sa sœur, essayons de lui expliquer que ce comportement lui fait mal et la rend triste. Et que s’il le frappe, sa petite sœur ne voudra plus jouer avec lui.
  4. Repousser l’action. Parfois, les enfants nous demandent quelque chose de faisable, mais ce n’est pas le bon moment. Au lieu de dire « non« , nous pouvons proposer de le reporter à plus tard. Si, par exemple, il veut voir un film mais que l’heure du coucher approche, nous pouvons lui suggérer de le voir demain à son retour de l’école.
  5. Rediriger le comportement. Souvent, au lieu de nier quelque chose, nous pouvons offrir à l’enfant une alternative attrayante. Si nous ne voulons pas qu’il regarde la télévision, nous pouvons lui suggérer de jouer ensemble à un jeu de société.

Enfin, n’oubliez pas qu’essayer de limiter l’utilisation du « non » n’implique en aucun cas d’être permissif ou indulgent. Il s’agit d’éduquer de manière plus consciente et délibérée tout en mettant des limites. Pour cela, il est important de partager avec l’enfant les raisons du refus et de lui offrir d’autres possibilités. Cependant, dans certains cas le « non » reste nécessaire.

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