En quoi consiste la technique de l’ensemencement vaginal ?

· 9 décembre 2017

L‘ensemencement vaginal est une pratique de plus en plus courante lors des accouchements par césarienne. Cela consiste à prélever un échantillon de la flore vaginale de la mère, pour le mettre ensuite sur la peau, la bouche et les yeux du bébé. Cette technique est également connue sous le nom de microbirthing. Mais attention, elle n’est pas recommandée par les médecins.

Le but de cette technique est de faire en sorte que le bébé soit en contact avec les organismes bactériens présents dans le canal vaginal de sa mère. Comme on le sait, quand on procède à une césarienne, le bébé cesse de recevoir un certain nombre de stimuli. Dans ce sens, cette méthode a pour objectif d’augmenter les bactéries intestinales présentes pour réduire le risque de contracter un certain nombre de maladies.

Les risques de la pratique de l’ensemencement vaginal

Certains spécialistes considèrent que cela pourrait être un remède pire que les maladies en elles-mêmes. Ils soutiennent que l’ensemencement vaginal pourrait impliquer la transmission de bactéries comme la gonorrhée et le virus simple de l’herpès. Quant à la technique en soi, elle pourrait causer au bébé des infections, dues à la nature de la substance. Selon ces experts, il existe tout un ensemble de risques dont beaucoup de parents n’ont pas connaissance.

L’un des principaux risques, affirment les médecins, est la transmission possible de bactéries nocives pour le bébé. On pense notamment aux streptocoques du groupe B. Ils peuvent mettre en péril la santé du bébé en amenant des infections dangereuses.

Les spécialistes disent qu’ils ont dû arrêter de réaliser ces procédures, à cause de la présence récurrente d’herpès génital. C’est pour cela que même si la technique est reconnue par certains pour ses bénéfices pour la santé, elle est parfois plutôt risquée.

D’où vient cette technique ?

On a commencé à pratiquer l’ensemencement vaginal quand des recherches ont remarqué que les bébés nés par césarienne avaient un plus grand risque de développer certaines maladies. Pendant la croissance, ils peuvent faire face à des problèmes d’obésité, à des allergies, ou à des maladies intestinales. La technique a d’abord été mise en pratique en Australie, dans le but de mieux protéger ces enfants.

Il existe beaucoup de merveilles dans l’univers, mais le chef d’œuvre de la création est le cœur d’une mère.

-Ernest Bersot-

L'ensemencement est pratiquée dans une intention de protéger des maladies

Certains chercheurs ont étudié le fait que les bébés qui naissent par césarienne ont un microbiote. C’est à dire un ensemble de microorganismes présents à l’intérieur du corps, qui seraient différents de celui des bébés qui naissent par voie vaginale. Comme les bébés ne sont pas exposés aux bactéries du canal vaginal, ils développeraient un système de microorganismes distinct. Ces différences seront ensuite liées à l’apparition de l’obésité et de certaines allergies, comme l’asthme par exemple.

L’ensemencement vaginal pourrait avoir plus de risques que de bienfaits

Les médecins expliquaient que les bébés nés par césarienne développent un microbiote différent des bébés nés par voie vaginale. Ce type d’accouchement était associé à un plus grand risque d’anomalies au niveau immunitaire et métabolique. C’est pourquoi, l’ensemencement vaginal a commencé à être une méthode conseillée. Ceci même si tous les spécialistes n’étaient pas d’accord.

En général, ils considèrent maintenant qu’il existe plus de risques que de bienfaits. Ils recommandent l’allaitement comme bonne méthode pour développer le microbiote du bébé. Dans tous les cas, grâce au lait maternel le bébé peut recevoir la protection dont il a besoin, sans avoir besoin de prendre des risques avec l’ensemencement.

Le microbiote serait favorisé par l'ensemencement vaginal

Les spécialistes continuent à débattre, notamment sur les preuves et les bienfaits généralement associés à l’ensemencement vaginal. Dans certains pays la pratique est très courante. En réalité, elle est surtout réalisée dans les pays où l’on pratique le moins de césariennes.

Il est possible qu’il existe un lien entre la césarienne et le risque de maladies, dû a l’absence de certaines bactéries intestinales. Cependant, on ne sait toujours pas avec certitude si le transfert des bactéries d’un échantillon de la mère influe véritablement sur le microbiote de l’enfant.

Les spécialistes avertissent les hôpitaux sur le fait qu’il n’est pas bon de procéder à l’ensemencement vaginal sur les nouveaux nés. On pense que cela peut présenter certains risques, que l’on ne peut pas justifier. D’autres pratiques sont cependant conseillées après les césariennes, comme l’allaitement, qui a des bénéfices très importants, et qui a un effet positif prouvé sur le développement du microbiote intestinal de l’enfant.