Évolution du langage : les caractéristiques de l’étape pré-linguistique

02 octobre, 2020
“L’apprentissage, c'est plus que l’acquisition de la capacité à penser, c’est l’acquisition de nombreuses capacités à penser à une grande variété de choses.” – Lev Vygotsky –

Les bébés établissent du contact et de la communication à travers les sens et sont, dès leur naissance, capables de nous informer de leurs nécessités et leur état. Dès leur première année de vie, le langage des bébés évolue et passe d’être un simple exercice articulatoire à l’émission des premiers mots qui ont du sens. Parlons donc de l’étape pré-linguistique.

Évolution du langage : caractéristiques de l’étape pré-linguistique

Dans le développement de la langue, on différencie deux étapes : étape pré-linguistique et étape linguistique. La première englobe les 12 premiers mois de vie, pendant que la seconde étape commence avec les premiers mots et se centre sur la période d’acquisition du langage, où l’enfant commence à intégrer le contenu (l’idée) à la forme (le mot).

Pendant les premiers mois, le développement du langage est très lié au processus de socialisation. Le bébé apprend à communiquer des intentions non seulement au travers des pleurs, mais aussi par le biais du regard, des gestes et des sourires.

Cette forme primaire de communication assoit les bases d’une communication verbale postérieure, en plus de contribuer au développement de la figure d’attachement, qui est fondamentale dans le développement socio-affectif du bébé.

Les séquences de l’étape pré-linguistique.

L’étape pré-linguistique s’organise en une séquence évolutive qui comprend 4 phases :

1ère phase : vocalisations réflexes et gazouillis (0-2 mois)

Pendant le premier mois de vie, les bébés n’émettent que des vocalisations réflexes ou extériorisations sonores. Avec les pleurs, commence le processus communicatif qui, selon la tonalité, dénote plusieurs contenus : la douleur, la faim, le froid, le sommeil ou le reflet de n’importe quel état de mal-être ou de bien-être.

Avec les pleurs, le bébé arrive à communiquer ses besoins et, si ces derniers sont satisfaits, il l’utilisera de manière intentionnelle.

Ainsi, vers le second mois, ils commencent à émettre des articulations spontanées, ce sont ce que l’on appelle les gazouillis. Le son caractéristique de ces derniers est “areu”.

2ème phase : les balbutiements. Le jeu vocal (3-6 mois)

À partir du troisième mois, les bébés passent d’émettre des sons isolés à émettre des sons volontaires et intentionnels. Commence un balbutiement clair et constant avec des sons gutturaux et vocaux, répétant les sons “ga” et “ge”.

Pour eux, c’est une espèce de jeu, car ils font des expériences avec leurs organes vocaux et apprennent à les contrôler. En même temps, ils se divertissent en écoutant leur propre voix. Ils aiment crier pour s’écouter et émettent des sons similaires à un ronronnement quand ils sont divertis dans leurs jeux.

Piaget considère que c’est pendant cette période que l’enfant prend conscience que les phonations, gazouillis, tâtonnements et bruits gutturaux qu’ils produisent ont un effet sur leur entourage proche. Ainsi, il apprendra à se communiquer, et à établir des relations entre ce qu’il émet et l’effet que cela produit dans son entourage.

3ème phase : le babillage réduplicatif. Imitation de sons (6-9/10 mois)

À travers des balbutiements et les jeux articulatoires, l’enfant va dominer l’émission de différentes voyelles et phonèmes consonantiques. Autour du huitième mois, le bébé commence à émettre des sons polysyllabiques : “ba”, “pa”, “da”, “ga”, “ma”. Aussi, apparaissent les “lallations” ou “groupes répétitifs”.

Ces lallations consistent en l’émission de sons par le biais redoublant de syllabes : “mamama”, “mamimami”, “bababa”, “papapa”, “nanana”, “tatata”. À la fois, ces vocalisations amèneront le bébé à émettre ses premiers mots “par accident”.

L'apprentissage du langage par le bébé.

À partir du sixième mois, les bébés commencent à observer et à imiter des mouvements, sons et gestes. Ils montrent un intérêt spécial pour écouter le langage des adultes et aiment qu’on fasse attention à eux et qu’on leur parle. Aussi, cette interaction que cherche le bébé avec les adultes confirme les études de Bruner.

Bruner a centré ses études sur le développement du langage dans l’interaction sociale. Il a considéré que l’on doit se donner des cadres d’interaction adéquats pour qu’ait lieu l’apprentissage du langage. Pour autant, dans cette étape, les adultes doivent créer des contextes communicatifs dans lesquels le bébé peut interagir et évoluer dans son langage.

4ème phase : communication intentionnelle (9/10-12 mois)

À la fin de la première année, le bébé commence à communiquer avec intention. Il signale des objets, dit “non” avec la tête et “au revoir” de la main, comprend des ordres simples et réagit en entendant son nom.

À partir de la première année, les sons polysyllabiques commencent à avoir une vraie signification. Aussi, s’ils appellent maman, papa ou tatie, ils sont capables d’imiter des sons d’animaux (“wouaf” “miaou”, “meuuuh”… ) et inventer des mots onomatopéiques avec une signification pour eux.

Dans le développement du langage, la famille et les adultes jouent un rôle très important. Nous devons stimuler l’enfant avec du lexique. Dans les “conversations”, nous devons essayer d’associer la signification phonique (mot parlé) avec la signification (objet qui fait référence au mot). De cette manière, l’enfant associe et fixe la relation dans son cerveau.