Embrasser, réconforter et s’occuper d’un enfant, ce n’est pas mal élever, c’est aussi éduquer

14 août 2018
Mal élever n'a rien à voir avec réconforter, répondre aux besoins, éteindre les peurs ou nourrir de câlins ou de caresses. Celui qui "élève mal" est celui qui ignore et qui abandonne, qui fait l'erreur de penser que l'esprit d'un bébé ressemble à celui d'un adulte qui comprend les manipulations ou le chantage.

Dans une étude intéressante sur l’intelligence affective, il a été démontré que ce dont souffrent la plupart des bébés au cours de la journée c’est de douleur psychologique. Bien plus que de la douleur physique. C’est sans aucun doute un détail qui mérite d’être pris en compte : la souffrance émotionnelle des petits est liée à des facteurs tels que la faim, la peur ou le sentiment d’insécurité.

Ce sont des facteurs instinctifs qui impliquent un véritable malaise, et c’est quelque chose que chaque enfant manifestera d’une manière particulière et différente des autres. Il y aura des bébés plus exigeants que d’autres et donc, en tant que mères, nous devons comprendre la réalité particulière de chaque enfant en sachant que celui qui répond aux besoins n’élève pas mal. Offrir de la sécurité et des stratégies, c’est éduquer.

Nous vous invitons à approfondir ce sujet qui soulève parfois quelques controverses.

Le confort, l’art de comprendre les besoins

Si l’un de nos amis pleure, nous ne le laisserons pas faire jusqu’à ce qu’il s’épuise. Si notre partenaire, notre sœur ou notre père pleure, nous ne les laissons pas dans une pièce jusqu’à ce que cela passe. Pourquoi devrions-nous le faire à nos enfants ?

Consoler, c’est l’art exceptionnel de savoir comprendre les besoins et savoir comment déployer des stratégies appropriées pour guérir ces douleurs psychiques ou émotionnelle. C’est pourquoi, parfois, il ne suffit pas de dire « calme-toi, ce n’est rien ». Pour un jeune enfant, ce qui réconforte le plus, c’est le contact physique et ce ton de voix capable de parler calmement et à proximité.

consoler n'est pas mal élever

Ce sont de petites choses qui génèrent de vraies empreintes dans le cerveau d’un bébé qui mûrit et où tout stimuli, ainsi que tout manque, déterminera son développement ultérieur. Voyons d’autres aspects à ce sujet.

La sagesse du « bien élever »

Les termes sont importants dans notre langage, mais parfois les expressions les plus populaires voient toujours des comportements pathologiques où il n’y a que des processus naturels. Il est tout à fait possible, par exemple, que vous aussi vous soyez vu dans la position d’avoir à endurer les commentaires de vos amis ou de votre famille lorsque vous prenez vos enfants dans vos bras pour soulager leurs larmes ou leur colère.

« Tu l’élèves mal » nous disent-ils. Nous ne disons rien en sachant que ce n’est pas le cas, car nous comprenons que le renforcement positif au bon moment évite les crises, réduit le stress et fait que nos enfants se sentent plus en sécurité pour explorer leur environnement à leur propre rythme.

  • La sagesse du « bien élever » sait que les conséquences de pleurs prolongés et non écoutés apportent des effets indésirables. Du point de vue neurologique, cela cause du stress, et un taux élevé de cortisol altère la chimie des neurotransmetteurs, intensifie la peur et augmente le besoin d’attention.
  • La sagesse du « bien élever » sait que consoler, embrasser et « être présent » améliore le lien avec nos enfants. Nos enfants auront besoin de cet attachement sûr pendant leurs trois premières années. C’est une étape où vos besoins vitaux sont généralement simples mais essentiels : sécurité, affection, reconnaissance et profiter de stimuli enrichissants pour favoriser la connectivité neuronale.

Un enfant qu’on laisse pleurer jusqu’à épuisement ou qui ne reçoit ni câlins ni caresses est un bébé qui construit une idée quelque peu hostile du monde, un scénario où il « attendra toujours des choses », un monde face auquel il doit défendre parfois avec colère, ou s’attendre à des renforts avec lesquels se trouver.

Ce n’est pas la bonne chose à faire.

embrasser n'est pas mal élever

Favoriser le développement émotionnel pour aider à grandir

L’éducation émotionnelle ne commence pas quand un enfant a déjà les compétences en matière de communication, quand nous devons établir des règles, fixer des limites et négocier des règles. Un bébé de huit mois qui nous tire les cheveux quand il est en colère est une personne qui cherche à canaliser sa colère et sa frustration.

  • L’éducation émotionnelle commence dès le premier jour où nous laissons notre bébé dans le berceau après son arrivée à l’hôpital. Après avoir donné naissance Nous ne pouvons pas oublier que le premier ancrage émotionnel survient à la naissance, avec ce premier contact peau à peau entre le bébé et sa mère.
  • L’allaitement maternel est un formidable pilier pour continuer à tisser des liens empreints de sécurité, de sérénité et de bien-être. Plus tard, l’art de consoler de manière respectueuse lui permettra de continuer à grandir en toute sécurité.
  • S’occuper des réactions négatives, ce n’est pas non plus mal élever. L’enfant de deux ans qui jette un jouet au sol avec rage ou qui griffe son frère ou sa mère cache une émotion qui le dépasse et qu’il faut savoir canaliser, comprendre et gérer.

La tâche de comprendre les émotions et de les travailler est quelque chose qui exige de la patience et de l’intuition, quelque chose que nous ne devrions jamais ignorer « seulement parce qu’ils sont petits ». Les petites choses d’aujourd’hui peuvent devenir de grands gouffres demain, il faut donc faire attention, les nourrir d’émotions positives mettant en pratique l’art du bien-être.

 

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