Comment le harcèlement affecte-t-il le cerveau des enfants?

Lorsqu'un élève est continuellement victime de harcèlement, il subira des changements dans son cerveau. Une enquête nous l'explique.
Comment le harcèlement affecte-t-il le cerveau des enfants?

Dernière mise à jour : 12 mai, 2021

Nous savons tous à quel point le harcèlement est néfaste pour les élèves qui en font l’expérience au quotidien. Les conséquences, malheureusement, peuvent être fatales. Aujourd’hui, nous évoquons la façon dont le harcèlement affecte le cerveau des enfants.

Si vous connaissez un enfant qui a été victime de harcèlement dans sa vie, vous savez certainement que les conséquences peuvent être à la fois physiques et mentales. En fait, grâce à l’UOC (Open University of Catalonia), nous avons pris connaissance de l’étude, très intéressante et révélatrice, qui a été menée au King’s  College de Londres (Royaume-Uni).

Comment le harcèlement affecte-t-il le cerveau des enfants?

Selon l’étude discutée ci-dessus, il est clair que le fait d’être victime de harcèlement continu peut amener les adolescents à subir des changements physiques et mentaux, c’est-à-dire dans le cerveau. Cela peut effectivement les rendre plus vulnérables à la maladie mentale à l’avenir.

Adolescent victime de harcèlement par ses camarades de classe.

Cela est assez facile à comprendre, selon les mots de María José Acebes, neuropsychologue qui travaille en tant que collaboratrice à l’UOC:

«Il a été démontré que l’environnement et l’entourage influencent notre système nerveux et le développement de notre cerveau. […] Ils génèrent une diminution du volume du corps calleux, une structure qui relie les hémisphères cérébraux essentiels au bon fonctionnement du cerveau “.

Le cortex préfrontal est également affecté, ce qui peut entraîner des difficultés pour résoudre les problèmes avec succès et il est plus difficile de gérer les émotions les plus intenses. Un traitement continu est nécessaire pour la personne affectée. Afin qu’elle puisse gérer correctement ce qu’elle vit et éviter que des maladies mentales telles que la dépression ou l’anxiété ne se développent à l’avenir.

Par ailleurs, avec cette tension émotionnelle constante et le déclencheur de la maladie mentale, l’enfant est plus susceptible de souffrir de phobies, de comportements d’automutilation et même d’avoir des idées suicidaires et de les réaliser dans les cas les plus compliqués.

D’autre part, des troubles post-traumatiques peuvent également se développer en raison de la vigilance et de l’anxiété constantes. Ce sentiment constant de peur et de danger peut amener la personne victime à vivre de graves problèmes physiques et émotionnels. C’est ainsi que le harcèlement affecte le cerveau des enfants.

Les recherches

L’enquête a eu lieu au Royaume-Uni. Les cerveaux de différents adolescents ont été étudiés à l’âge de 14 et 19 ans. Ceux qui avaient souffert de harcèlement prolongé présentaient une diminution des zones du cerveau où le calme réside, augmentant ainsi l’anxiété.

La partie positive de l’étude est que, à l’adolescence, le système nerveux est modulable et, tout en se développant, il peut désapprendre ce qu’il a appris et, avec le soutien nécessaire, être capable de rétablir les connexions cérébrales qui renouvellent cet état de paix et de tranquillité. Autrement dit, sans avoir à vivre dans un état de vigilance acquis et constant.

À l’adolescence, la forme la plus courante de harcèlement est le harcèlement de groupe. C’est-à-dire que dans un groupe, on est plus cruel et, par conséquent, on agit “dans un troupeau”. Tout se fait sous forme de gang et la victime harcelée est laissée de côté.

Les adolescents recherchent souvent l’approbation du groupe. En intimidant la victime, ils incarnent ces insécurités qu’ils fuient chez les autres. De plus, les réseaux sociaux contribuent également à aggraver, à prolonger et à accentuer le harcèlement.

Quelques solutions contre le harcèlement

Enfant souffrant de harcèlement à l'école.

Il est essentiel de trouver des solutions pour éviter que le harcèlement ne devienne un problème plus grave. En outre, il est fondamental que tous les centres éducatifs disposent de décrets de réglementation de la coexistence afin que tout type de harcèlement, qu’il soit direct, indirect ou en ligne, soit qualifié d’infraction grave.

Ainsi, il convient aux centres éducatifs d’informer le parquet des mineurs ou l’organe correspondant, en fonction de la gravité des événements. De cette manière, l’agresseur se retrouve face à ses actes et doit en payer le prix. Par ailleurs, la victime, en plus d’être protégée, peut trouver les outils nécessaires pour faire face à la situation.

D’autre part, il est essentiel de mettre en avant les témoins de harcèlement scolaire, afin qu’ils ne restent pas silencieux. Ils doivent savoir qu’ils sont également protégés et ont le devoir de signaler une situation de harcèlement. De cette façon, il serait plus facile de résoudre le problème depuis le centre éducatif. Sans avoir à passer par des affaires pénales.

En fin de compte, les intimidateurs et les victimes devraient bénéficier d’une aide psychologique de qualité. Les deux peuvent souffrir de maladies mentales à l’avenir qui conditionnent leur vie. Tout cela peut se prévenir si nous suivons tous le même chemin de bonne coexistence et de respect des autres et de nous-mêmes.

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