Bao : un court métrage sur le syndrome du nid vide

02 mars, 2020
La protagoniste de Bao doit partir du principe que son fils grandit et devient indépendant. Mais pour une mère, ce n'est pas facile.

Bao est un petit film d’animation qui montre, de manière originale, les conséquences qui peuvent résulter du fait de cesser de s’occuper et d’élever des enfants, parce qu’ils quittent définitivement la maison. Ce court métrage, qui traite du syndrome du nid vide, a remporté l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en 2019.

Il est intéressant de noter que Bao est le premier court-métrage de Pixar réalisé par une femme. Sa créatrice, Domee Shi, a été chargée de capturer parfaitement, en seulement 3 minutes, les sentiments d’une mère lorsque son fils décide de suivre sa propre voie.

“L’important dans une famille, ce n’est pas de vivre ensemble, mais d’être ensemble.”

-Anonyme-

Bao : un court métrage sur le syndrome du nid vide

Bao incarne une femme d’origine chinoise qui se sent seule et découragée. Au début du court-métrage, nous pouvons la voir cuisiner des baos, sorte de petits pains farcis cuits à la vapeur, pour les manger avec son mari.

Court-métrage sur le nid vide.
© Becky Neiman-Cobb

Mais, à sa grande surprise, quand elle essaie de mordre dans l’un d’entre eux, il s’anime et se met à pleurer. Dès lors, elle nourrit et soigne le petit pain cuit à la vapeur comme si c’était son propre enfant. Celui-ci, peu à peu, se développe et réclame plus de liberté et d’autonomie. Cependant, la mère le surprotège excessivement, au point de ne pas le laisser jouer au football avec d’autres enfants.

Ainsi, lorsque le stade de l’adolescence et de la jeunesse arrive, il se rebelle et décide de ne plus passer autant de temps avec sa mère. Cela la fait se sentir mal. Mais le plus gros problème survient lorsque son fils la présente à sa petite amie et lui annonce leur intention d’emménager ensemble, en quittant la maison familiale.

Cette situation accable la femme qui, dans un accès de tension, de nerfs et de colère, décide de manger du pain cuit à la vapeur, c’est-à-dire son propre enfant. Elle regrette immédiatement ce qui s’est passé et pleure de consternation.

Après cela, cette mère se réfugie dans sa chambre pour cacher sa tristesse. C’est alors que son vrai fils apparaît dans la pièce, qui n’est pas un bao, mais une vraie personne. Ainsi, les deux se réconcilient, montrant l’affection qu’ils ont l’un pour l’autre.

Enfin, on peut voir tous les membres de la famille réunis, y compris la petite amie du fils, qui prépare du pain à la vapeur. Cette dernière scène montre le visage satisfait et heureux d’une mère qui a surmonté le syndrome du nid vide.

Image du court-métrage Bao
© Becky Neiman-Cobb

Quelques réflexions sur ce court métrage d’animation

Ce merveilleux court-métrage d’animation nous permet de réfléchir à l’importance pour une mère de se préparer au départ de son enfant. Afin d’y parvenir, la première chose à faire est d’accepter que cela va se produire, à un moment donné.

Gardez à l’esprit que les enfants grandissent pour devenir des jeunes et des adultes qui doivent créer leur propre projet ou plan de vie. Mais nous ne devons pas voir cela comme quelque chose de triste et de désolant, mais comme une étape supplémentaire de la maternité.

Si une mère, pendant des années, consacre une partie de son temps à éduquer et à élever son enfant de la meilleure façon possible, il est certain qu’un lien émotionnel fort se crée entre les deux. Ces liens d’union restent à jamais, même lorsque les enfants décident de quitter le noyau familial.

“Tôt ou tard, ils partent, le voyage étant long. Légers comme des bagages, ils voyageront, et ils ne prendront que les valeurs et l’amour que vous avez pu leur donner, alors qu’ils étaient à vous. Ce n’est qu’alors que la vie elle-même vous dira si votre héritage et votre enseignement ont été bons. N’oubliez pas que tôt ou tard, ils partiront.”

-Joel Tumax Rubin-