Controverse concernant l'épisiotomie lors de l'accouchement

10 mai, 2020
Il s'agit d'une pratique encore couramment pratiquée au cours des accouchements à l’hôpital. Cependant, elle est de plus en plus déconseillée. Quels sont les risques de l'épisiotomie ? Et, quels en sont les avantages ?
 

Il est important de savoir ce qu’est une épisiotomie si votre date d’accouchement par voie basse approche. Cette intervention chirurgicale consiste à pratiquer une coupe latérale ou oblique dans la zone du périnée de la femme au moment de l’accouchement. Elle a pour but d’aider le bébé à finir de sortir du vagin.

L’épisiotomie est une technique controversée. En France, sa pratique reste courante dans quasiment 20 % des naissances en milieu hospitalier. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé affirme que cette technique est contre-indiquée. Elle ne la recommande donc que dans les cas extrêmes.

Qu’est-ce que l’épisiotomie lors de l’accouchement ?

L’épisiotomie est une procédure chirurgicale qui se pratique encore en France lors d’un accouchement naturel. Elle consiste à faire une incision avec des ciseaux chirurgicaux dans la direction de l’anus, après administration d’une anesthésie.

Cette intervention consiste à sectionner la peau, la muqueuse vaginale et les muscles pour élargir ce qu’on appelle le canal cervical. En théorie, cela permettrait au bébé de sortir plus facilement par le vagin.

 

La coupure, bien qu’elle soit dirigée vers la zone de l’anus, est faite de manière latérale ou oblique. C’est précisément dans le but éviter d’endommager le sphincter anal de la mère. Cependant, il existe plusieurs raisons pour lesquelles les médecins recommandent – bien que ce soit à présent moins fréquent – de pratiquer une épisiotomie :

  • Lorsque le fœtus est trop grand.
  • Si la forme du périnée est haute et très musclée.
  • En cas de naissance de jumeaux ou de jumelles.
  • Quand il faut utiliser des instruments pour extraire le bébé, comme des forceps par exemple.
  • Si l’orifice vaginal et le vagin ne sont pas assez élastiques.
  • Dans les naissances chez les très jeunes adolescentes.
  • Lorsque le bébé présente une dystocie dans l’une de ses épaules.
Induction pendant l'accouchement
 

Pourquoi cette technique est-elle aujourd’hui rejetée ?

La principale controverse concernant l’épisiotomie est que deux des principales raisons pour lesquelles cette technique est pratiquée n’empêche pas réellement les lésions de la zone génitale de la mère. Ainsi, l’épisiotomie était censée prévenir le prolapsus génital et les redoutables déchirures du vagin, du périnée et même de la région anale.

Selon la science médicale de l’époque, on préférait pratiquer une coupure chirurgicale contrôlée pour que la patiente ne souffre pas d’une possible déchirure. On pensait donc que le rétablissement après l’épisiotomie était beaucoup plus rapide. Or, il s’est avéré par la suite que ce n’était pas le cas.

Au fil du temps, on a découvert cette pratique n’était pas vraiment nécessaire. Et ce, pour au moins les deux raisons mentionnées plus haut. De plus, des statistiques assez alarmantes concernant l’épisiotomie appuie maintenant ces nouvelles recommandations.

 

« Cette intervention consiste à sectionner la peau, la muqueuse vaginale et les muscles pour élargir ce qu’on appelle le canal cervical. En théorie, cela permettrait au bébé de sortir plus facilement par le vagin. »

Ces chiffres reflètent entre autres un taux de mortalité plus élevé chez la mère. Et ce en raison de diverses complications que nous allons passer en revue à présent.

Les effets secondaires de l’épisiotomie pendant l’accouchement

Pour illustrer un peu la situation, il suffit de regarder cette liste des effets secondaires possibles de l’épisiotomie :

  • Une thrombose périnéo-vulvaire.
  • L’endométriose de la cicatrice.
  • Une aggravation des hémorroïdes.
  • Des fistules anovaginales.
  • Les muscles et les nerfs se rétractent.
  • Des abcès.
  • Une infection et réouverture de la plaie.
  • Une douleur permanente pendant les rapports sexuels.
  • De l’incontinence fécale partielle ou permanente.
  • Le traumatisme psychologique.

Aujourd’hui, la médecine moderne et l’Organisation Mondiale de la Santé proposent de modifier ces habitudes médicales. Cette technique ne s’applique plus sans discernement à toute patiente qui procède à un accouchement naturel. Et ce, dans le respect des recommandations de l’OMS. Alors que cela n’était pas toujours le cas par le passé.

 

Au contraire, l’OMS demande que ces pratiques médicales soient exclusivement limitées aux cas où la femme a déjà souffert de déchirures du troisième et du quatrième degré qui n’ont pas bien cicatrisé. Mais aussi lorsqu’il faut utiliser des forceps.

Finalement, on peut utiliser cette technique lorsque l’enfant souffre considérablement ou que sa vie est en danger. En conclusion, elle ne doit être utilisée qu’en cas d’extrême urgence.

La douleur pendant l’accouchement

Recommandations pour la cicatrisation des points d’épisiotomie

Néanmoins, si une femme a déjà subi une épisiotomie et qu’elle est en cours de rétablissement, ces quelques conseils peuvent lui être utiles :

  • Gardez toujours la zone de la plaie sèche et propre.
  • Lorsque vous allez aux toilettes, lavez et séchez bien la zone. Pour vous sécher, vous pouvez par exemple utiliser un éventail ou, à défaut, une serviette dédié à cela. Il faudra évidemment laver cette serviette très fréquemment.
 
  • Changez les serviettes post-partum très régulièrement.
  • Il est possible de mettre de la glace pour soulager la douleur et réduire l’inflammation.
  • Ne faites pas d’efforts et ne soulevez pas de poids avant que la blessure ne soit complètement cicatrisée.

Finalement, et en guise de recommandation, il est bon de savoir que vous pouvez discuter avec votre médecin avant l’accouchement si vous souhaitez ou non subir une épisiotomie. Toutefois, si votre médecin pense que votre cas risque d’être compliqué, vous avez également la possibilité de choisir d’accoucher par césarienne.